Qualité de l'air : le Limousin toujours champion

L'Atmo, l'agence chargée de surveiller la qualité de l'air, n'a constaté aucun pic de pollution dans le Limousin en 2018 / © FTV
L'Atmo, l'agence chargée de surveiller la qualité de l'air, n'a constaté aucun pic de pollution dans le Limousin en 2018 / © FTV

Chaque année en France, plus de 40 000 décès sont imputés à la pollution, selon l'agence européenne de l'environnement. À Limoges, cependant, la qualité de l'air est bonne, voire très bonne 80% du temps. 

Par Emma Derome et Vanessa Finot

Ce n'est pas un scoop ; la mauvaise qualité de l’air serait responsable de dizaines de milliers de morts en France, plusieurs millions de décès dans le monde, et représente l’un des enjeux environnementaux majeurs.

Le Limousin semble pourtant être préservé de la plupart des polluants atmosphériques. En 2018, la Haute-Vienne, la Corrèze et la Creuse n'ont connu aucun pic de pollution. 

Dans l'agglomération limougeaude, l'air est de bonne voire de très bonne qualité 80% du temps, selon l'Observatoire de la qualité de l'air en Nouvelle-Aquitaine (Atmo), qui scrute la composition de notre air, en analyse les dangers et communique les résultats chaque jour sur son site internet.

Limoges, la bonne élève

Un air tellement respirable que certains ont vu leur vie changer en venant s'installer dans la région. Christine est venue vivre en Haute-Vienne en 2008, après une parenthèse parisienne de 4 ans, pour offrir à sa famille une meilleure qualité de vie... et surtout un meilleur air à respirer.
 

J’avais ma deuxième fille qui était malade, bronchite "asthmatiforme" en permanence. Elle a passé les deux premières années de sa vie chez le kinésithérapeute un jour sur deux, pour de la kiné respiratoire. Depuis le jour où l’on est venu ici, c’est passé très rapidement. Elle a 13 ans aujourd’hui et elle n’a plus jamais été malade.
- Christine Brasseur, néo-Limousine


Comme Christine, ils seraient de plus en plus nombreux, inquiets de la pollution, à chercher à vivre dans un air plus sain. Les palmarès annuels des villes où il fait bon vivre l'attestent à chaque fois : Limoges se classe régulièrement parmi les premières (4ème en 2019, 3ème ex-aequo en 2018...), grâce notamment au critère de la qualité de l'air.

Un critère qui prend de plus en plus d'importance au regard des maladies que la pollution provoque, constate Boris Melloni, pneumologue au CHU de Limoges.

Il y a une augmentation à l’échelle de la planète des maladies cardio-vasculaires et pulmonaires, notamment la bronchite chronique, qui est liée au tabagisme mais aussi à la pollution. En fait, à Limoges, on est très rarement en danger. C’est en hiver, quand il n’y a pas de vent, et en été aussi, quand il fait très chaud et qu’il n’y a pas de vent. Dès que le vent arrive, la pollution s’en va.
- professeur Boris Melloni


Un constat partagé par l'Atmo Nouvelle-Aquitaine, qui précise que si les trois quarts du temps, l'air est de bonne qualité en moyenne sur le territoire, les éléments polluants sont concentrés le long des axes routiers.

Si on fait une image à l’échelle de l’année, on se rend compte que les concentrations en polluants sont bonnes, globalement en dessous des seuils réglementaires. Mais on peut avoir, en s’approchant des axes routiers, des concentrations, pour certains polluants, supérieures à ce qu’on pourrait attendre en moyenne homogène sur l’ensemble de l’agglomération.
Rémi Feuillade, délégué régional Atmo

Que mesure la qualité de l'air ? 

L'Atmo donne des mesures précises pour cinq catégories de polluants ; particules fines, particules en suspension, oxydes d'azote, dioxyde de soufre, et ozone. À savoir que les particules fines (PM2,5), les plus dangereuses pour la santé, et les particules en suspension (PM10), sont émises dans l’air majoritairement par le chauffage des logements (environ 50%), et par le trafic routier, à hauteur de 20%.

En revanche, le dioxyde d’azote (NO2) est émis à 70 % par la circulation des véhicules, d'où les trace jaunes le long des nationales et de l'A20 sur les cartes du site de l'Atmo. Concernant le dioxyde de soufre, majoritairement émis par les activités industrielles, la région n'est pas concernée.

Pour le reste, les COV (composés organiques volatiles non méthaniques), sont libérés par l'industrie à 50% et les logements à 40%. Ils conduisent à l'augmentation de l'effet de serre. L'observatoire des pollutions recommande également de faire attention aux polluants intérieurs de votre maison, également très dangereux. 
 
Qualité de l'air : le Limousin toujours champion
Intervenants : Christine Brasseur, habitante de Limoges, Boris Melloni, pneumologue, Rémi Feuillade, directeur délégué ATMO Nouvelle-Aquitaine

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