Situation conflictuelle à la police municipale de Limoges : audit en cours

Depuis quelques jours, un consultant externe spécialisé dans la gestion des problèmes d’ordre conflictuels, ancien de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), auditionne les 71 policiers municipaux actuellement en poste à Limoges.

2 policiers lors d'un contrôle à Limoges
2 policiers lors d'un contrôle à Limoges © F3 Limousin

Un audit sévère qui fait « trembler tout le monde, et surtout les chefs », nous indique l’un des fonctionnaires sous couvert de l’anonymat. Les policiers municipaux reprochent « une mauvaise gestion humaine » à leurs responsables de service et certains problèmes de « savoir être » ou encore des « propos véhéments ou des décisions prises de manière unilatérales ».

Le problème a transpiré dans la presse.  Plusieurs agents ont été reçus par la direction des ressources humaines de la ville de Limoges. Si bien qu’Emile Roger Lombertie, le maire, a décidé d’agir en déclenchant un audit dont il rendra les conclusions publiques avant la fin du mois d’avril.

Je ne planquerai rien sous le tapis.

Emile Roger Lombertie, maire de Limoges

Un service en pleine mutation

Depuis l’arrivée de la nouvelle municipalité en 2014, la police municipale a changé du tout au tout. Elle est passée d’un service qui mettait des PV pour stationnement gênant à une police armée de plein exercice qui se veut beaucoup plus offensive : un choix politique assumé pour la nouvelle municipalité de droite.

Depuis le début de l’année, le service travaille 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Les recrutement et les formations s’enchaînent : 10 embauches sont actuellement en cours. Beaucoup d’anciens gendarmes et militaires sont venus renforcer les effectifs. 

En 2020, 50 agents ont été blessés en service, ce qui a généré beaucoup d’arrêts maladie. On comptabilise 72 procédures judiciaires pour violence et outrage à agent pendant la même période. Ce qui représente une procédure par policier. En 2019, 6 policiers ont quitté la police municipale dont 2 pour des raisons disciplinaires. 

La transformation du service  a-t-elle été accompagnée comme il se doit ? Les anciens de la police municipale trouvent-ils toujours leur place dans ces circonstances ou sont-ils relégués à des tâches administratives ? Les élus ont ils fixé des objectifs clairs au services ? Si oui, ont-ils été déclinés correctement par la hiérarchie ? Le consultant qui procède en ce moment à l’audit devra répondre à toutes ces questions.

 

Les syndicats

Le syndicat FO a reçu beaucoup de témoignages démontrant les tensions au sein de la police municipale. Mais Matthieu Brugeau, secrétaire FO territoriaux de la ville de Limoges relativise : « L’affaire prend des proportions importantes parce qu’il s’agit de la police. Mais il s’agit juste d’un problème de rapports humains tel qu’on en trouve dans tous les autres services. La même situation s’est produite aux espaces verts et personne n’en a parlé. Nous allons résoudre ce problème ».

Le responsable syndical nous confirme qu’il a déjà alerté les élus sur la situation de policiers en poste depuis 35 ans, et dont les prérogatives ont beaucoup changé ces dernières années.

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