Manque de coiffeurs, en Limousin comme ailleurs

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Selon l'Union nationale des entreprises de la coiffure (Unec), la profession a perdu près de 15.000 salariés en plus de 10 ans, et peine, d’autant plus depuis la pandémie de Covid, à recruter. En cause notamment : l'orientation des élèves, les conditions de travail, et le manque d'évolution salariale… Notre région n’échappe pas au phénomène, mais dispose peut-être d’atouts.

Il y a effectivement aujourd’hui des difficultés de recrutement, comme une sorte de trou d’air dans la profession, qui datent de l’abandon des aides à l’apprentissage sous la présidence de François Hollande.

Laurent Melun, présidente de l'Unec Nouvelle-Aquitaine

Va-t-on vers une pénurie de Figaro, shampouineuses, merlans ou autres capilliculteurs ?
À la vue des chiffres de l’Unec, c’est probable : près de 15 000 salariés en moins depuis 10 ans ! Fin 2020 plus de 7 500 postes étaient à pourvoir. 

La profession est vieillissante (plus de 20% des coiffeurs ont plus de 55 ans), subit une relative désaffection de son apprentissage, n’offre guère de perspectives salariales immédiates (un jeune sortant de formation est peu ou prou au même niveau qu’un salarié après cinq ans d’ancienneté) et, bien qu’accompagnée, a été durement touchée par la crise sanitaire. 

Bref, comme le dit le vieux proverbe cathare : il y a toujours un moment où les nœuds arrivent au peigne !

Depuis des années, les CDD tout confondu (apprentissage et salariés) nous servent de levier d’ajustement. Mais avec la Covid en plus… On n’est plus au niveau de 2019. C’est vrai que le taux de défaillance de nos entreprises a baissé, mais c’est parce que l’on a été bien accompagnés, entre les aides, les PGE… Il n’est pas sûr que cette situation perdure, ni l’année prochaine, ni même dès cette année.

Laurent Melun, présidente Unec Nouvelle-Aquitaine

Une profession face aux changements sociétaux

 La Covid a en effet accentué le phénomène, entraînant une baisse des reconversions ou des transmissions, car nombre de coiffeurs se sont installés sans salarié, donc sans apprenti, voire comme coiffeurs à domicile.
Et la profession fait face à des changements sociétaux, des aspirations différentes, un peu à l'image de ce qui se passe dans l'hôtellerie-restauration.

Pourtant, comme l'explique la présidente de l'Unec, la coiffure à des atouts à faire valoir : "On ne peut pas totalement comparer notre situation à celle de l’hôtellerie-restauration. Il y a peut-être des soucis sur les salaires, et notre branche est en défaut d’accord. Mais si vous regardez notre rapport, ce n’est pas si mal. Sur les conditions de travail, ce n’est pas comparable non plus. En général, on ferme tôt les samedis, et on n’ouvre ni les dimanches, ni les lundis soit deux jours consécutifs. Même si le lundi n’est plus autant "sacralisé". À voir d’ailleurs si cette tendance d’ouvrir le lundi marche réellement, nos clients travaillent tout de même ce jour-là." 

Je suis convaincue que notre Limousin a une carte à jouer, entre le nombre historique de salons, la demande et même notre particularité rurale. On n’est pas pire qu’ailleurs, bien au-contraire !

Laurent Melun, présidente Unec Nouvelle-Aquitaine