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Paroles d’anciens : Gérard Pioffret, pupille de la nation

© F3 Limousin
© F3 Limousin

A 79 ans, Gérard Pioffret a grandi comme pupille de la nation. Abandonné par sa mère, orphelin d’un père tué dans la Somme durant la Seconde Guerre mondiale. Son enfance difficile l’a marqué toute sa vie.

Par Gwendolina Duval

Gérard Pioffret a 79 ans et se replonge souvent dans son passé. Il n’a presque jamais connu son père, tué en 1940.

"Lorsque les Allemands ont déferlé dans le nord de la France, ils sont allés à leur rencontre et ils sont tombés nez à nez avec les Allemands. Mon père a été tué dans son char, au-dessous d’Amiens... comme son père".
Gérard Pioffret devient alors une pupille de la nation. Sa mère l’avait déjà abandonné à l’âge de trois mois. 


"Je ne comprends pas qu’une maman abandonne son enfant, je ne l’ai jamais admis. Ma maman a mené une vie très particulière. Elle a eu une enfant naturelle à Limoges qu'elle a abandonné. Après elle a connu un journaliste de Limoges, elle s'est marié et a eu un autre enfant (…) un fils qu’elle a laissé aussi."

"Je n’ai jamais dit « Papa », je n’ai jamais dit « Maman », je ne sais pas ce que c’est."


Puis sa mère est partie au Maroc. Elle eut deux autres enfants et tenait une boutique de vêtement pour enfants à Casablanca.

"Je n'ai jamais eu ni un gilet de corps ni une petite culotte, rien du tout..."

En 1951, Gérard fait sa 1ère communion à Blond et sa mère revient pour l'occasion. Elle tient à lui offrir un missel et partager un repas. Puis elle repart.

"Ce qui fait du mal c’est de se dire : mais c'est ça ma maman ?!"

Gérard Pioffret a été élevé par sa grand-mère Madeleine, bonne à tout faire chez la famille Bardet à Blond.

"Ma grande mère, c’était ma mémé (…) J’en ai de très très bons souvenirs. Aussi, il y avait Monsieur Bardet, le régisseur de Bond où ma grand-mère a toujours travaillé. C’est la famille où mon père avait été élevé jusqu’à ses 18-19 ans, c’est la famille dans laquelle j’ai été élevé jusqu’à mes 18-19 ans".

"Je n’étais pas juif, mais ces gens-là auraient mérité être reconnus justes de France".

 

 

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