Le référendum qui inquiète

Les grecs d'Aquitaine comme ceux d'ailleurs sont inquiets de ce référendum sur le plan de sauvetage du pays.

Par JS / FTV avec agences

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Inquiétude de la communauté grecque à Bordeaux

L'annonce du référendum par le 1er ministre grec Georges Papandréou a surpris la communauté de son pays mais aussi les grecs vivant en France et en particulier ceux d'Aquitaine qui regroupent quelques 400 familles.

Les Grecs "veulent-ils l'adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n'en veulent pas, il ne sera pas adopté", a déclaré le Premier ministre Papandréou devant le groupe parlementaire du parti socialiste (Pasok).


L'association cultuelle de Bordeaux discutera dimanche après l'homélie de cette consultation populaire. La crise économique qui frappe le pays est au cœur de toutes les péoccupations et incite même des grecs à émigrer. Depuis près de 6 mois le Consul de Grèce à Bordeaux reçoit de nombreux appels, notamment d'ingénieurs grecs souhaitant quitter la Grèce pour venir s'installer dans la capitale girondine.

Dans un communiqué, le député européen UMP du Sud Ouest Alain Lamassoure parle pour sa part d'un coup de folie à Athènes.

Le Premier ministre grec a créé la surprise en proposant un référendum.

"La volonté du peuple grec s'imposera à nous", a-t-il ajouté, tout en indiquant qu'il allait également demander un vote de confiance sur l'accord sur  la dette au Parlement, où il dispose d'une majorité qui s'est effritée à 153 députés sur 300 sièges devant la montée des oppositions aux mesures d'austérité qui accompagnent le soutien financier au pays. Le vote de confiance devrait intervenir vendredi.

Le pari du Premier ministre grec intervient alors que le pays entre dans une série de négociations techniques très sensibles avec ses partenaires européens et ses banques créancières, qui ont accepté jeudi dernier d'échanger  les obligations grecques qu'elles détiennent contre de nouveaux titres dont la  valeur est réduite de 50%.

Parallèlement, des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes vendredi à l'occasion des défilés de la fête nationale, pour protester contre les conséquences de l'accord européen qui donnent aux créanciers plus de contrôle sur la politique budgétaire du pays, faisant craindre à certains une perte totale de souveraineté.

Pour Ilias Nikolakoulos, politologue, la décision "dangereuse" de M. Papandréou relève d'une "réaction de panique" devant l'effondrement que subit le Pasok dans les sondages. Jusqu'à présent, la Grèce a connu un seul référendum  en 1974 après la  dictature des colonels.

La décision a suscité la consternation des dirigeants français et européens et provoqué la dégrongolade des places boursières.

Le Président de la république française qui croyait avoir trouvé une solution efficace à la question grec est consterné par la nouvelle, selon un article du Monde.fr. « Le geste des Grecs est irrationnel et de leur point de vue dangereux », a estimé un proche du président. Selon ce même article, "le référendum grec n’aurait lieu que cet hiver, sans doute en février." Selon une source française, on indique que les Allemands sont stupéfaits et que le FMI découvre lui-aussi ce projet de référendum.

M. Vénizélos le ministre des finances grecs a indiqué que le référendum aurait lieu après la fin des discussions qui démarrent avec les banques.

Le président français et la chancelière allemande somment mercredi soir George Papandréou, convoqué à Cannes à la veille du sommet du G20, de s'expliquer sur sa décision de soumettre à référendum le plan européen de sauvetage financier si difficilement conclu jeudi dernier à Bruxelles.

Colère du député européen du Sud Ouest Alain Lamassoure (UMP)

Egalement président de la commission des budgets, Alain Lamassoure a fait part de sa stupéfaction et de sa colère dans un éditorial diffusé aux médias. "Après 18 mois d'efforts pour sauver la Grèce du désastre,c'est le naufragé qui rend le sauveteur responsable de son naufrage !".."Ce n'est pas l'Europe qui appauvrit la Grèce, c'est l'Europe qui accepte de venir en aide à la Grèce ruinée par les dirigeants successifs qu'elle s'est choisie en toute liberté". Selon l'eurodéputé, le premier ministre grec devrait organiser des élections générales au lieu d'un référendum.

>> Alain Lamassoure était l'invité du 19/20 de France 3 Aquitaine en duplex de Paris ce mercredi 2 novembre.

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