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Pau : le dernier hommage à Alexandre

© France 3 Aquitaine
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Cet après midi, 5 000 personnes ont défilé en soutien à la famille de l'adolescent de 13 ans.

Par Julie Saudubray

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Pau : la douleur de la maman d'Alexandre

Au lendemain de la confirmation du décès d'Alexandre, adolescent signalé disparu depuis le 4 juin, sa maman Valérie Lance témoigne de sa colère et de sa douleur face à cet horrible crime. Propos recueillis par Olivier Quérot, Catherine Pipard

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Retour sur la disparition d'Alexandre

Le jeune adolescent disparu le 4 juin dernier a vraisemblablement été assassiné. Retour sur un mois d'angoisse avant la découverte du pire.

Douleur, colère et incompréhension. Sous une chaleur de plomb les palois ont marché en mémoire d'Alexandre. Une dernière marche après le choc. Hier matin, les analyses ADN ont  confirmé que le fémur retrouvé dimanche dans le gave de Pau était bien celui d'Alexandre Junca, 13 ans, disparu depuis près d'un mois après une soirée à Pau.


Cet après-midi, la ville de Pau s'était donnée rendez-vous à 14h30 sur la place d'Espagne. Très vite, la foule a afflué. Des habitants de toute génération. Puis la mère et le beau-père d'Alexandre ont pris la tête du cortège pour une marche digne. En fin d'après-midi, la famille s'est retirée, la foule elle est restée, encore.

Depuis plusieurs jours, les hommages se multiplient depuis sur internet tandis que la municipalité a installé un registre de condoléances dans l'hôtel de ville afin que les habitants puissent venir exprimer leur soutien à la famille

Appel à témoins, 60 enquêteurs sur l'affaire

Une enquête a été ouverte pour assassinat de mineur accompagné d'actes de barbarie."C'est l'infraction la plus grave qui existe dans le code pénal", selon le procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller.

Le parquet a lancé un appel à témoins au travers d'un numéro vert mis à disposition de la population : 0800 003 845.

Le procureur a reconnu qu'il n'y avait "pas de nouveaux éléments découverts" dans cette enquête mais que des "moyens importants ont été engagés avec 60 enquêteurs de police judiciaire, y compris de police scientifique, qui travaillent exclusivement" sur cette affaire.

"Le fragment de jambe retrouvé a été coupé post mortem" affirme t-il par ailleurs. "A ce jour, nous n'avons pas d'idée du jour exact de la mort". Il précise que des analyses complémentaires sont attendues "dans les prochaines semaines".

D'abord la thèse de la fugue

Alexandre a été vu pour la dernière fois cette soirée du samedi 4 juin, après avoir participé à une fête avec ses amis palois.

Les policiers s'étaient d'abord orientés vers l'hypothèse d'une fugue, ouvrant dans un premier temps une enquête pour "disparition inquiétante", mais le temps passant sans nouvelles de l'adolescent ni piste crédible, une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration" avait ensuite été ouverte pour accroître les moyens d'enquête.

L'horreur absolue pour les parents

Les parents espéraient encore une issue positive "en ce qui concerne la maman" qui "n'avait pas envisagé cette hypothèse", déclare leur avocate Pierrette Mazza. Apprendre que leur fils a été démembré représente "l'horreur absolue, l'indicible", a-t-elle ajouté, "ils doivent vivre avec cette information qui est monstrueuse". Selon l'avocate, les parents ont réagi "avec beaucoup de dignité mais avec une souffrance que l'on ne peut pas imaginer".



Des camarades d'Alexandre avaient entamé la mobilisation par la création de sites Facebook pour participer aux recherches. Deux marches blanches avaient réuni plusieurs centaines de personnes à Pau et de nombreuses affiches avaient été placardées dans les magasins puis sur des panneaux publicitaires de la ville.

 

 
Une cellule d'écoute pour les collégiens

Une cellule d'écoute et d'accueil a été mise en place au collège Clermont de Pau où étudiait Alexandre.
Elle a été mise en place dans l'enceinte du collège jeudi et vendredi, avant la fermeture pour les vacances.
Une cellule identique sera également mise en place à la rentrée scolaire.
"On a basculé dans l'horreur, c'est pour cela que cette cellule est en place. Une quinzaine de personnes, médecins, infirmiers et assistants sociaux, sont présents dans l'établissement", a indiqué l'inspecteur d'académie Philipe Couturaud qui s'est rendu jeudi après-midi au collège Clermont.
Peu d'élèves se sont cependant rendus au collège ce jeudi, a-t-il précisé. "Nous serons là dès demain matin pour faire parler les élèves, les rassurer, pour verbaliser ce drame", a assuré l'inspecteur. Mais selon lui, "le plus difficile sera dans une quinzaine de jours".
"Malheureusement cela interviendra pendant les vacances, et le courrier envoyé aux parents les encourage à être vigilants, à observer leurs enfants, parler avec eux et, si ils remarquent quelque-chose, qu'ils aillent consulter", conseille t-il.
Le courrier adressé aux parents stipule en effet qu'"au-delà de la douleur du deuil, l'état de votre enfant peut vous préoccuper" et les invite dans ce cas à contacter un service pour adolescents à Pau.
Le pot de départ de vacances auquel les professeurs devaient se retrouver jeudi soir a été annulé "pour permettre à l'équipe pédagogique très affectée de pouvoir échanger", a indiqué le principal du collège, Vincent Baron.
"Ca a été très difficile depuis un mois pour les profs et les élèves, tous étaient très inquiets", a-t-il dit. "Mais aujourd'hui on n'est pas au mieux, moi le premier", a-t-il reconnu.

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