Premiers coups de serpes

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Les vendanges ont commencé, pour les blancs, moins en avance qu'annoncées.

Par Héloïse Jourdain

Si le printemps très chaud avait laissé présager des vendanges exceptionnellement précoces, le temps maussade de juillet a ralenti la maturité de la vigne et les premiers coups de sécateurs n'ont finalement qu'une dizaine de jours d'avance.

C'est le Bordelais qui avec 10 jours d'avance a donné les premiers coups de sécateurs sur les blancs des cépages sauvignon, dans les crus de Graves, terroir où les cailloux emmagasinent la chaleur.

Dans le Médoc, la récolte des blancs débute aussi. Pour ses fameux rouges comme Margaux, Saint-Julien ou Pauillac, la date prévue est comprise entre le 6 et le 9 septembre. "Au printemps le végétal a poussé très vite et les prévisions donnaient trois semaines d'avance. Mais vers le 14 juillet il y a eu quelques pluies, il a fait plus frais, et on a récupéré 10 jours", explique Henri Boyer, oenologue conseil dans le Bordelais.

"On a perdu en précocité mais on ne s'en porte pas plus mal", souligne-t-il, car "la pluie devenait alors indispensable" à la vigne qui n'alimentait plus son fruit et "trop de précocité entraîne un décalage entre la maturité des arômes et celui du tanin", très important pour la garde des vins rouges.

Dans les régions viticoles françaises, le cru 2011, qualifié tout de même de précoce, sera ainsi comparé aux deux récoltes hâtives de 1997 et 2003. "Une telle précocité, trois années à si peu d'intervalle, traduit un phénomène de réchauffement", estime Eric Perrin, gérant du château Carbonnieux, un cru classé de Graves. Il a noté aussi un allègement du nombre de grappes sur les pieds ce qui aboutit à un raisin de meilleure qualité, arrivant plus tôt à maturité. "On est sûrs d'avoir du fruit, c'est très aromatique", confirme M. Boyer, l'œnologue bordelais.

Cependant, si les années précoces sont selon lui "statistiquement très bonnes", les viticulteurs gardent un oeil inquiet sur la météo d'ici les vendanges. "Il faut une fin de mois d'août ensoleillée et peu de pluie. Un nouveau stress hydrique serait idéal pour maintenir les arômes et donner du temps au tanin pour qu'il mûrisse", explique-t-il.

A météo exceptionnelle, le cru 2011 sera-t-il qualifié lui aussi d'exceptionnel alors que 2009 et 2010, vendangés tardivement, resteront dans les annales ? "Même s'il faut encore attendre cela laisse présager des choses intéressantes", estime M. Boyer qui préfère pour l'heure qualifier 2011 d'"inédit" en raison de la précocité des fruits combinée aux nuits d'été froides.

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