Retour des indépendantistes basques au parlement

Publié le Mis à jour le
Écrit par A.A.

La nouvelle coalition des nationalistes basques radicaux Amaiur obtient 6 à 7 sièges. Un retour après 15 ans d'absence.

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Les élections législatives au pays basque

Les indépendantistes basques radicaux obtiennent 7 sièges au parlement espagnol après les élections législatives d'hier. Ils font ainsi leur grand retour dans cette instance représentative après 15 ans d'absence. Et espèrent obtenir un statut d'autonomie.

Les élections législatives espagnoles ont donné sans surprise la majorité absolue à la droite du Parti Populaire. Sanctionnant les socialistes au pouvoir depuis 2004. Les nationalistes basques radicaux, rassemblés au sein de la nouvelle coalition Amaiur, font leur entrée au parlement. Ils n'y étaient pas représentés depuis 1996.



Amaiur, coalition issue de la mouvance Batasuna



Amaiur est le parti qui monte au pays basque espagnol. Déjà plébiscité aux dernières élections locales, il permet maintenant aux nationalistes radicaux de faire leur entrée au parlement.

Ils n'y étaient plus représentés depuis 1996, quand Batasuna (bras politique de l'ETA) avait décidé de boycotter les institutions d'un Etat dans lequel ils ne se reconnaissaient pas.



Un pas de plus vers la paix



Leur retour au parlement au sein d'une coalition large, qui regroupe aussi ceux qui ont toujours prôné la non-violence, est un pas essentiel dans le processus de paix. Ils devraient pouvoir créer leur groupe avec six ou sept parlementaires, et amorcer le dialogue vers une indépendance plus prononcée.



La droite remporte la majorité absolue



Le Parti Populaire, largement favori, obtient la majorité absolue avec 181 à 185 sièges, contre 115 à 119 pour les socialistes.

Cette victoire était attendue dans un pays durement frappé par la crise. Le chômage avoisinne aujourd'hui les 22%.

Les mesures d'austérité qu'a dû prendre le gouvernement socialiste l'a rendu très impopulaire. Et le voilà sanctionné.



Cependant le Parti Populaire pourra difficilement se passer de mesures austères. Il a d'ailleurs justement  fait sa campagne là-dessus. C'est tout le paradoxe du vote espagnol. L'ampleur de la crise qui sévit en Espagne et son déficit public nécessite la rigueur. D'autant que tous les marchés financiers, qui doutent de la solidité du pays, vont avoir les yeux tournés vers le nouveau gouvernement.



Autres coalitions



Parmi les autres partis, les nationalistes catalans obtiennent 13 à 15 sièges. Et la coalition écolo-communiste renforce sa présence avec 9 à 11 élus contre deux jusqu'à présent.



Lire aussi : large majorité attendue pour la droite espagnole

 

La non-violence plébiscité par le peuple basque

  



Les indépendantistes basques de la mouvance Batasuna, bras politique de l'ETA, vont donc faire leur retour au Parlement espagnol, quelques semaines après la décision historique du groupe armé de renoncer à la violence.

Leur nouvelle coalition Amaiur (gauche), avec trois autres formations indépendantistes, aura 7 sièges selon des résultats quasi définitifs. Ce qui est mieux que ce que prédisaient les sondages (ils tablaient sur trois à cinq députés).

A l'inverse, le Parti nationaliste basque (modéré) serait lui passé de six à cinq sièges.



Ces résultats confirment que la gauche indépendantiste, en se démarquant de la violence, a gagné du terrain politique. Depuis un an, elle accentuait la pression sur l'ETA pour qu'elle mette fin à la lutte armée.



Une première coalition, Bildu, autorisée de justesse par la justice, avait créé la surprise en mai en devenant la deuxième force politique du Pays basque lors des élections locales, s'emparant notamment de la mairie de Saint-Sébastien, l'une des grandes villes de la région.



Avec sept sièges, Amaiur pourra constituer un groupe parlementaire, de quoi présenter des amendements aux projets de loi du nouveau gouvernement.



Objectif : obtenir l'autodétermination du pays basque en Espagne



Le parlement sera une véritable plateforme pour ses revendications: "nous réclamons à l'Etat la reconnaissance d'Euskal Herria (qui regroupe le Pays basque espagnol et français, ainsi que la Navarre) comme nation", expliquait avant l'élection le numéro un d'Amaiur, Inaki Antigüedad.



"Nous allons chercher des alliances avec les (nationalistes) catalans, avec les galiciens, les canariens, avec qui que ce soit, afin de réaliser une pression démocratique sur l'Etat" et exiger un référendum d'autodétermination, ce qui est actuellement impossible aux termes de la Constitution, affirme t-il. Ajoutant "notre présence à Madrid va être une présence active mais conforme à nos objectifs".

Toutefois "un indépendantiste basque ne peut pas envisager une présence permanente dans la gestion du pouvoir législatif d'un Etat qui, dans son essence constitutionnelle, nie notre droit à décider".



L'une des premières missions d'Amaiur sera de gagner une vraie légitimité démocratique, contestée par d'autres partis, dont le grand vainqueur de ces législatives, le Parti populaire. "Notre relation avec (une formation) qui vient d'arriver dans la démocratie, sera exigeante", a déclaré le porte-parole du PP au Pays basque, Leopoldo Barreda. "Dans Amaiur, il y a des personnes avec des trajectoires très différentes, mais la majorité d'entre elles, ceux qui dirigent vraiment, doit certainement confirmer son arrivée dans la démocratie et en finir avec ses liens avec l'ETA".



Très affaiblie après de nombreuses arrestations de ses militants en Espagne et en France, l'ETA, déclarée organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne, est tenue pour responsable de la mort de 829 personnes en quarante ans de lutte armée. Son dernier attentat sur le sol espagnol remonte à août 2009.

Le 20 octobre, dans une annonce historique, le groupe a déclaré renoncer à la lutte armée. Il a franchi un nouveau pas le 10 novembre en se disant prêt à s'engager sur la voie du désarmement.

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