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SNCF : retour progressif à la normale en Aquitaine

© France 3 Aquitaine
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L'ensemble des contrôleurs de la région a décidé de reprendre le travail cet après-midi, selon la SNCF.

Par Hélène Chauwin avec l'AFP

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SNCF : les cheminots solidaires en Aquitaine

Le trafic ferroviaire était perturbé ce matin en Aquitaine. C'est toute une profession qui fait bloc et qui est solidaire après l'agression violente hier d'un contrôleur entre Lyon et Besançon. Un rassemblement se tenait ce matin à Bordeaux.

" Le trafic reprendra progressivement dans le courant de la journée et de la soirée ", indique la SNCF. La circulation TGV est assurée à environ 90 % sur l'axe Atlantique et les TER complétés d'autocars, atteindront un service d'environ 80% en fin d'après-midi précise-t-elle.

La SNCF renvoie vers un numéro de téléphone :  0 805 90 36 35 (coût d’un appel local) pour connaître l’état de circulation en temps réel.

Hier matin, un contrôleur a été poignardé par un déséquilibré dans le train Lyon-Strasbourg. De nombreux cheminonts ont spontanément arrêté le travail.  En Aquitaine et Poitou-Charente, pratiquement 100% des contrôleurs ont  fait jouer leur droit de retrait.

Ce matin, la direction de l'entreprise a reçu vendredi à tour de rôle les syndicats qui
ont fait part de leur émotion après l'agression de leur collègue et mis en avant leurs préoccupations sur la sécurité.

En début d'après-midi, une majorité de cheminots a cessé de faire valoir le droit de retrait et repris le travail.

Jeudi matin, le contrôleur Bernard Mortelier, 54 ans, a reçu huit coups de couteau : deux à la tête, deux à l'abdomen, un au flanc et trois au bras, a précisé la SNCF. Transporté par hélicoptère au centre hospitalier régional et universitaire de Besançon, il a subi une intervention chirurgicale. " L'ensemble des lésions ont été traitées ". Le CHU a qualifié jeudi soir son état de " stable ", précisant qu'il avait été placé en réanimation.

Un déséquilibré

L'auteur présumé des coups a été présenté par la SNCF comme un " déséquilibré ". " Informé qu'il allait être verbalisé ", il se serait tailladé les poignets avec un couteau avant d'agresser le contrôleur. L'un de ses collègues a évacué les passagers vers une autre voiture.

L'agresseur a été remis aux gendarmes en gare de Clerval (Doubs), à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Besançon, et placé en garde à vue. Il sera présenté samedi au parquet de Besançon en vue d'une mise en examen. Le psychiatre qui l'a examiné a estimé que son état était compatible avec une éventuelle incarcération, a annoncé vendredi le procureur, Alain Saffar. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative de meurtre aggravé.

Une agression " intolérable "  pour les syndicats

Les syndicats ont condamné une agression "intolérable" et souligné la nécessité de maintenir une forte présence humaine dans les trains et les gares. La Fédération CGT des cheminots a dénoncé une " période où les seuls objectifs financiers poussent à la déshumanisation des gares et des trains ". La CFDT cheminots évoquait une " dérive sociétale ", estimant que les agents sont confrontés quotidiennement " à des actes agressifs et d'incivilité ".
 

Incident rarissisme pour la direction

Après s'être rendu au chevet de la victime, le président de la SNCF Guillaume Pepy a salué le " courage " et le " sang froid " des deux contrôleurs du Lyon-Strasbourg. Il a appelé les cheminots à ne pas " pénaliser les voyageurs simplement parce qu'un fou dangereux a agressé des contrôleurs " en se mettant en grève. Si M. Pepy a qualifié l'incident de " rarissime ", les syndicats se sont inquiétés de la fréquence des actes de violence auxquels sont exposés les contrôleurs.
 

La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, et son collègue en charge des Transports, Thierry Mariani, ont aussi fait part de leur soutien à la victime, à ses proches et aux " 11.000 contrôleurs qui exercent leur métier dans les trains, parfois dans des conditions difficiles ".

En juillet 2004, un contrôleur avait été grièvement blessé par un voyageur sans billet qui lui avait porté un coup de couteau à la nuque à bord d'un TER à Metz. En février 1999, un autre contrôleur avait été blessé à une main par un coup de couteau à Chalon-sur-Saône.

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