La Nouvelle-Aquitaine espère un déconfinement anticipé

Alors que la région est l’une des moins touchées par le virus, commerçants, restaurateurs et acteurs de la vie culturelle prônent un retour anticipé de leur activité. Le premier ministre, de son côté, reste prudent. Jean Castex a évoqué jeudi la mi-mai au plus tôt...

Les commerçants de la région (ici, la rue Sainte Catherine de Bordeaux) attendent le feu vert pour leur réouverture.
Les commerçants de la région (ici, la rue Sainte Catherine de Bordeaux) attendent le feu vert pour leur réouverture. © Laurent Theillet MAXPPP

C’est une certitude, la levée des contraintes liées aux déplacements sera effective le 3 mai prochain. Exit les fameuses attestations et fin de la limite des 10 kilomètres. En revanche, le flou plane encore sur les dates de réouvertures des commerces, restaurants et lieux culturels.

Lors de son allocution jeudi, le premier ministre s’est montré prudent tout en évoquant un horizon : la mi-mai. Raison de cette frilosité ? L’évolution de la situation épidémique. À tel point que Jean Castex s’est refusé à donner une date de levée du couvre-feu. Il est maintenu à 19h et jusqu’à nouvel ordre.

Seulement voilà, alors qu’une esquisse de déconfinement se dessine, certains professionnels dans les régions les plus épargnées par la crise sanitaire s’interrogent. Et veulent accélérer leur reprise d’activité.

La Nouvelle-Aquitaine en voie de déconfinement ?

Avec un taux d’incidence de 200 cas pour 100.000 habitants (contre 337/100.000 au niveau national), la Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions françaises où le virus est le moins actif. Une raison suffisante pour permettre aux restaurateurs de rouvrir leurs établissements estime Laurent Tournier. Président de l’UMIH Gironde, ce professionnel espère une réouverture au 15 mai.

Le week-end de l’ascension est très important pour les hôteliers, cafetiers et restaurateurs. C’est un week-end de forte affluence dans le sud-ouest ». « Mais il est vrai que nous craignons aussi de devoir gérer des flux incontrôlables car l’attente des clients est très forte

Laurent Tournier.

Par conséquent, une réouverture serait prévue à partir du 17 mai et se ferait en trois étapes explique le président de l’UMIH Gironde. « Ouverture des terrasses et demi jauge à l’intérieur de nos établissements. Mi-juin, ouverture totale de nos établissements avec un protocole sanitaire renforcé. Et enfin mi-juillet, retour à une activité normale ».

Les commerces « non-essentiels » s’impatientent en Nouvelle Aquitaine

« Ce n’est pas dans les magasins que le virus se transmet ! », clame Christian Baulme. Représentant des commerçants bordelais, il ajoute : « on a une ventilation permanente dans nos boutiques, nous aérons constamment. Aujourd’hui nous souhaitons reprendre notre activité dès le 3 mai car nous sommes en capacité d’accueillir nos clients en toute sécurité, nous l’avons déjà prouvé. Et les terrasses aussi devraient pouvoir rouvrir le 3 mai, cela aurait valeur de test à l’échelle nationale », plaide Christian Baulme.

Une impatience qui agite aussi le milieu culturel. Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot fait elle aussi preuve de prudence quant à la réouverture des salles de spectacles, musées et cinémas. « Si la situation sanitaire le permet, à la mi-mai nous serons en position de rouvrir les lieux de culture de manière progressive avec des jauges progressives », précise la ministre.

En soutien aux acteurs de la culture, la Région Nouvelle-Aquitaine a sollicité le gouvernement pour lancer une expérimentation qui permettrait d’encadrer la réouverture des lieux culturels en limitant la propagation du virus par aérosols.

En clair, il s’agit selon Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine « d’un protocole singulier » baptisé Opéra (Outil probabiliste pour l’évaluation du risque par aérosols) et développé par l’Institut technologique européen des métiers de la musique. Selon Carole Le Rendu directrice de l’Itemme, citée par nos confrères de Libération, « cet outil permet d’imaginer la meilleure configuration possible pour rouvrir les lieux culturels. Jauge, hauteur de plafond, type de scène, caractéristique de la ventilation, nous avons identifié trente paramètres qui seront actualisés selon l’évolution de la crise. Notre diagnostic fournira aux responsables de salles des éléments tangibles pour aider les autorités publiques à la prise de décisions ».

Un outil qui aurait « bluffé » la ministre de la Culture selon la Région Nouvelle-Aquitaine. Une première phase d’expérimentation a été lancée en février et la prochaine étape liée à l’utilisation de ce système informatique a été fixée au 5 mai prochain.

Frappés de plein fouet par cette crise sanitaire, les acteurs du monde culturel en Nouvelle-Aquitaine entretiennent encore, une lueur d’espoir.

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