Le casse-tête des jeunes pour réussir à se loger à Hossegor sur la côte Atlantique

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Écrit par C.O avec Alexandre Perrin et Laurent Montiel

Les prix flambent et louer un appartement à l'année relève du parcours du combattant. Le maire de Hossegor sur la côte sud des Landes tente de trouver des solutions.

C’est un problème qui touche quasiment tout le littoral landais et basque, et qui frappe l’ensemble de la population. Se loger sur la côte aquitaine est un vrai parcours du combattant notamment pour les jeunes. Ils sont pourtant indispensables au tissu économique de cette zone hautement touristique. Ils ont de grandes difficultés à se loger que ce soit en locatif ou sur un premier achat.

Les prix flambent et les poussent soient à s’éloigner du secteur, soit à repartir vivre chez leur parents.

Rester vivre chez papa et maman

C’est d’ailleurs le choix que Margaux Andrieu a fait. Elle a interrompu ses études au mois de septembre pour travailler à Hossegor. Décrocher un emploi dans la restauration a été sans problème, en revanche se loger s’est avéré compliqué, voire impossible. Trouver une location à l’année est devenu mission impossible sur la commune. « A l’année, il n’y a pas grand-chose ou alors il faut quitter les lieux au mois d’avril-mai", dit-elle. "Du coup, j’ai pris la décision de rester chez ma mère ».

Jennifer Lacour, sa collègue, travaille à Hossegor depuis 2017 mais n’y vit que depuis le mois d’août dernier. Avant elle habitait à Tarnos.

« Hossegor, cela n’était pas possible pour moi de m’y loger », dit-elle. C’est finalement grâce au coup de pouce d’une cliente agent immobilier qu’elle é réussi à trouver un appartement abordable sur place. Autrement, elle aurait dû payer le prix fort lié à la haute saison ou se mettre en colocation, ou habiter vers Saint-Vincent-de-Tyrosse, Bénesse-Maremne, ou Labenne, quelques kilomètres plus au sud de cette zone touristique sous tension.

« Cela devient très délicat »

La jeune femme, comme beaucoup, est résignée. « Même des saisonniers qui arrivent ici, ils ont la chance de trouver des postes, car il y a des postes ici (…), mais pendant des mois ils vont poser leur tente dans un camping et encore quand le camping veut bien ouvrir ses portes parce qu’il n’y en a pas non plus beaucoup. Beaucoup vont jusqu’à vivre dans leur voiture en juillet et en août parce qu’ils ont dû lâcher leur appartement en juin. C’est très délicat".

Si on ne trouve pas, on arrive à peu près toujours à se débrouiller aux alentours. Ou alors quand on trouve cela coûte très cher et on ne tombe pas forcement dans des appartements qui méritent de tels prix.

Jennifer Lacour

France 3 Aquitaine

Très compliqué de louer sans s'éloigner

Julien Moser observe également une flambée des prix du marché locatif. L’augmentation serait de 20 à 30% sur un an selon lui. "On constate que les loyers pour une location à l’année augmentent très fortement. Il n’y a pas si longtemps que cela, les T2 ici étaient autour de 550 euros. Maintenant c’est 650 euros, voire plus. On peut louer des deux pièces jusqu’à 680 ou 700 euros (…). Récemment, on a même loué un trois pièces dans une très belle résidence aux environs de 1800 euros par mois quand même ».

Et reste toujours le problème de la durée de la location. « Les propriétaires plébiscitent les locations de courte durée à la semaine», explique l’agent immobilier.  « Et du coup le parc locatif à l’année s’en retrouve impacté. Là aussi c’est la loi de l’offre et de la demande ».  

Impossible d’acheter

« Est-ce qu’il y a un effet Covid ou pas ? Cela se pourrait », analyse Julien Moser, agent immobilier. « En tous les cas, la demande est importante et il y a un parc immobilier assez restreint et peu de mises en vente ». Acheter devient donc quasiment impossible pour les jeunes, « à moins de reculer à l’intérieur des terres ».
Le maire de la commune confirme : « On est entre 8000 et 10 000 euros du m2 (…), c’est une vraie problématique ». 

Deux projets immobiliers lancés par la mairie

Le maire de la commune est inquiet. Le marché immobilier est sous tension. Deux projets sont à l’étude pour aider les jeunes à s’installer.
« Dans un projet, on a une trentaine de logements qui sont indexés sur la propriété sous la forme d’un bail consistant à acheter les murs mais pas le terrain », annonce Christophe Vignaud.
« L’autre projet est un peu plus long. Cela va prendre entre cinq et six ans, puisqu’il faut faire des études de sol. Ensuite, il faut aller voir les propriétaires et ensuite tourner le terrain en constructible car aujourd’hui ce sont des terrains agricoles ».
Des logements sociaux devraient être intégrés à ce dernier. Actuellement, selon le maire de la commune, il faut deux ans d’attente en moyenne pour obtenir un logement social à Hossegor. « C’est problématique », concède-t-il.