Marathon man : "Je vis une aventure assez incroyable"

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Écrit par Karim Jbali

"Je suis montois et je viens de vivre une aventure humaine assez incroyable que j’ai envie de faire partager." C 'est par cette confidence que Marathon man, l'homme de tous les courses, a commencé à se confier à la rédaction. Philippe Richet, à 35 ans, s'est jeté corps et âme dans le marathon.

Intarissable, il a repris pour nous le fil de cette aventure, de cette transformation. Celle qui conduit un amateur de sports collectifs "bien rangé"  à ce sportif de haut vol, coureur infatigable de marathon sur tous les continents. L'aventure extraordinaire de marathon man.

Fan de sport depuis tout petit et évidemment de sports collectifs , je me suis mis un peu en marge en me mettant à courir !un 10 kms , un semi , un autre semi , un marathon, 15 marathons , un ironman, une diagonale des fous, un marathon des sables, 100 kms de Millau , un triplé en 1 mois + un  12 h sur piste + le spartathlon (246 kms sur route)  et là je viens de finir the track en australie 520 kms en 9 étape et en auto-suffisance, la course par étapes la plus longue au monde , et me classant 2ème !

J'avais horreur de la course à pied

J'étais branché sports collectifs et puis à la fin de ma carrière de basketteur , j'ai aussi arrêté de fumer et là une prise de poids m'a poussé à me mettre à courir ! J'ai compris de suite les sensations de mes clients runners !

J'ai une âme de compétiteur donc j'ai testé un 10kms sans trop m'entraîner 45 mns on me dit que c'est pas mal pour un débutant , je passe à ma 2ème course sur un semi 1h30mn malgré une hypoglycémie et un faible entrainement. Je refais un semi en m'entraînant un peu plus mais mal, de nouveau 1h30, déçu de ne pas progresser ma 4ème course un marathon 3h21mn , crevé à l'arrivée , 2 entraînements par semaine, pas d'alimentation, je décide d'arrêter !


Le Graal du Marathon

3 jours après l'envie de refaire un marathon recommence, on me dit que le graal du marathonien est la barre des 3 heures ! Là, je passe à un entraînement plus structuré. Je déjeune, je lis tous les magazines , j'adapte un entraînement adapté à mon emploi du temps ! J'enchaîne les marathons 7 fois entre 3h01 et 3h04. Je modifie les entraînements, je fractionne , j' allonge... rien n'y fait ! Je bloque à chaque fois dans les 2 derniers kms ! Comme si cette quête était un aboutissement et que psychologiquement je sentais que si je passais cette barrière, plus rien ne me porterait...

Il y aura new york, temple du marathon, 48000 personnes, entraînements de folie, blessure au tibia à j-8. La veille, je boite objectif finir. Le matin du départ, plus rien plus, de douleur je fonce, jusqu'au 25ème kms et là encore un pont, ma priostite revient , je boite je dois finir... À 500 m contracture à l'autre mollet, je suis une marionnette, je jongle avec les douleurs, 3h08 , 1974ème sur 48000, quand même !


Tenter d'être un Ironman

Je ne sais que nager la brasse, je n'ai pas de vélo mais le marathon je connais ! Je m'incrits à Nice. J'ai 2 mois pour faire 3.8 km à nage, 180 kms en velo et 42.2 en courant. Encore une fois, je m'embarque dans une aventure sans me préparer. J'ai trop peu de temps pour apprendre le crawl, je vais donc faire la brasse, durée limite de la natation 2h , je mets 1h56 , je sors dans les 5 derniers. Concernant le velo , jamais monté un col ( ni descendu), je double 100 personnes , le marathon je passe 500 personnes, je finis fort, pas trop fatigué ! Je me sens métamorphosé !

Je refais un marathon à Vienne avec un état d'esprit détaché , relâché : 2h 59 mns 04s? Enfin ! La mode devient au trail. J'ai débute le triathlon par un ironman , je vais débuter le trail par de l'ultra : la diagonale des fous... Sauf que je me blesse au genou au mois de mars. J'attends 1 mois , je recommence à courir ... Impossible. Je consulte , un peu tard :  il faut passer un irm c'est juin. La "Diago" c'est octobre... Le ménisque est fissuré , opération le 30 juillet , je commence l'entraînement début septembre. Là,  on me prend vraiment pour un fou ! Même moi,  je ne le sens pas trop. J'ai un dossard, alors je tente. L'horreur :, il pleut pendant 20 h , les pieds sont pourries par l'eau... Je continue... J'arrive au bout 57 heures !,
55% d'abandons , un ami de galère dit que je viens de commettre un hold-up !


Le Marathon des Sables

Là bas on me parle du marathon des sables ! j'y pars ! en touriste , je prends des photos mais en dilettante je suis 118e sur 1060 ! je rentre dans la course à la 4e étape , je bats certains champions ! je finis 56e, un peu de regret , un sac à 13.2kgs, les meilleurs sont à 6.5kgs, si j\'avais démarré la course dès la 1ere étape ...


La tentation australienne

Je suis déjà sur 2015 ! J'essaie à chaque fois de monter dans la difficulté , c'est l'Australie , 520 kms en 9 étapes en autosuffisance. Une course réservée à uniquement 50 coureurs à travers le monde, une course qui n'a lieu que tous les 2 ans. Une course oui, mais une aventure extraordinaire, des décors de rêves , des difficultés incroyables, tous les jours des étapes de folie... Transporter soi meme son sac de couchage, sa nourriture, son eau... Parcourir tous les jours 50 km de moyenne et une dernière étape de 130 kms !

La course par étape la plus dure au monde ! J'ai beaucoup de gros défis à mon actif mais celui c'est le plus âpre et le plus dur. C'est un budget considérable, malgré mes bons résultats. Je n'ai pas de sponsor. Seul, je n'ai pas les moyens financiers ce projet sportif hors norme. J'ai besoin de vous...

L'aventure humaine du Track

Faire une course extrême comme The Track est donc une aventure humaine. Le marathon des sables m'a ouvert les yeux sur le regard des autres. L'entraide devient nécessaire et bénéfique. On parle avec les mains, la barrière de la langue n'existe plus. Le bivouac , le retour au coté primitif , loin de la civilisation, l'hygiène précaire fait ressortir les cotés généreux de l'individu... On s'aide, on rit , on pleure, on vit !!!