"Marche des libertés" dans le Limousin : peu de monde à Limoges, 200 manifestants à Tulle

Près de 200 manifestants se sont réunis à Tulle ainsi qu’à Limoges ce samedi 12 juin 2021 à l’appel des gauches politiques, associatives et syndicales, pour une "Marche des libertés" et "contre les idées de l’extrême-droite".

Rassemblement clairsemé à Limoges pour la manifestation "contre les idées de l’extrême-droite" et pour les libertés, samedi 12 juin 2021.
Rassemblement clairsemé à Limoges pour la manifestation "contre les idées de l’extrême-droite" et pour les libertés, samedi 12 juin 2021. © Frédéric Cano - France Télévisions

"Le fascisme est la gangrène, on l’élimine ou on en crève", peut-on lire en lettres noires sur une pancarte rouge ce samedi 12 juin 2021 au matin. A Tulle (Corrèze), 200 manifestants ont répondu à l’appel d’un collectif composé de syndicats, de partis politiques et d’associations de gauche, pour dénoncer les "idées de l’extrême-droite" dès 10h30. Une réponse locale à une marche d’envergure nationale : près de 140 villes ont été appelées à manifester en France et 100 organisations sont représentés.

Un manifestant, pancarte à la main, à la "Marche des libertés" à Tulle, samedi 12 juin 2021.
Un manifestant, pancarte à la main, à la "Marche des libertés" à Tulle, samedi 12 juin 2021. © France Télévisions

Ce matin, cette marche avait un retentissement particulier au lendemain des commémorations des pendus de Tulle (9 juin 1944) et du massacre d’Oradour-sur-Glane (10 juin 1944). "Rappelons notre histoire en participant nombreux aux cérémonies du 9 juin à Tulle et refusons de la revivre en manifestant le 12 juin", écrivait le collectif tulliste.

200 personnes présentes à la "Marche des libertés" à Tulle, samedi 12 juin 2021.
200 personnes présentes à la "Marche des libertés" à Tulle, samedi 12 juin 2021. © France Télévisions

"Le discours d'extrême-droite est devenu majoritaire"

A Limoges, c’est environ une centaine de personnes qui s’est retrouvée lors de cette marche à 14h30, place de la République. Cette faible mobilisation inquiète les participants présents comme Nathalie : "Ça m’inquiète, comme si ce n’était plus vraiment un combat". Pour cette professeure, il était important d’être là pour dénoncer "une ambiance délétère" en France. "On abandonne le respect des droits, des libertés. Les idées du Rassemblement National sont partout, et en particulier dans un certain nombre de médias et ça n’a l’air de déranger personne", poursuit-elle.

Le discours d’extrême droite est devenu majoritaire dans les médias et l’opinion publique. Je crains qu’on avance dans les discours de haine, ça me fait peur pour moi et pour l’avenir!

Manifestant à Limoges originaire de Château-Chervix (Haute-Vienne)

Reportage - "Marche des libertés" à Tulle et Limoges

"Marche des Libertés" à Tulle et Limoges samedi 12 juin 2021 ©France Télévisions

Cette marche, organisée, entre autres, par des partis de gauche est éminemment politique à une semaine du premier tour des élections régionales et est leur façon de dénoncer les thématiques de l’extrême-droite, dont certaines sont reprises, selon eux, par le gouvernement. La loi controversée "sécurité globale", est pointé du doigt. Le 20 mai dernier, le conseil constitutionnel a censuré sept articles les jugeant "contraire à la constitution", notamment l’ex-article 24.

"Quand on voit que c’est un gouvernement qui se dit ni de gauche ni de droite qui fait ce genre de loi, on ne voit pas bien ce qui peut se passer par la suite si les choses dégénèrent", souligne Nathalie. "La sécurité globale… C’est de pire en pire", souffle Léo, la vingtaine, présent à la manifestation. Ce dernier craint un vote sanction de la jeunesse à la prochaine présidentielle.

Les  étudiants subissent trop. Ce qui se passe dans l’enseignement supérieur montre qu’il y a des problèmes. Et la réponse du gouvernement a été de faire de la propagande fasciste avec l’islamo-gauchisme et a complètement oublié le problème des étudiants.

Léo, manifestant à Limoges

Dans le reste de la région, la "Marche des libertés" a également mobilisé à Bordeaux, Pau ou encore Mont-de-Marsan. 

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