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Michèle Delaunay: sur la fin de vie, “la loi ne pourra jamais tout résoudre”

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

L'ancienne ministre des Personnes âgées Michèle Delaunay en a appelé hier mardi à la prudence et à l'humilité au procès de l'ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison, jugé à Angers pour avoir abrégé la vie de patients incurables, en soulignant que sur la fin de vie, "la loi ne pourra jamais tout résoudre".

Par KJ avec AFP

"La loi ne pourra jamais tout résoudre. Nous le voyons affaire après affaire", a affirmé la cancérologue de 68 ans, entendue comme témoin par visioconférence sur la problématique de fin de vie, au deuxième jour du procès à la cour d'assises du Maine-et-Loire.

Il y aura toujours un +colloque singulier+ entre la personne qui est là, le médecin,et celle qui va se retirer, qui va mourir. A ce moment-là, la loi devra se retirer sur la pointe des pieds


a-t-elle suggéré, avant de citer Montesquieu, à l'adresse du Parlement en train de faire évoluer la loi sur la fin de vie: "Il faut écrire la loi d'une main tremblante." Face à la fin de vie, "nul d'entre nous ne peut dire ce qu'il adviendra le moment venu", a lancé celle qui fut chef d'unité de cancérologie au CHU de Bordeaux, et à ce titre en première ligne.

A plusieurs reprises, ses mots de praticienne ont résonné en soutien d'un accusé qu'elle a ostensiblement appelé "le Docteur Bonnemaison" malgré sa radiation de l'Ordre en 2014, en dépit de son acquittement au procès en première instance, à Pau.

Le Dr Bonnemaison n'est pas un meurtrier. Un meurtrier est quelqu'un qui veut tuer pour un profit or les actes du Dr Bonnemaison semblent relever d'un questionnement: y a-t-il quelque chose à faire d'utile pour ce patient?


Alors qu'il est reproché à Nicolas Bonnemaison de n'avoir pas informé les familles des sédations qu'il administrait aux patients, Mme Delaunay a exprimé "sa réserve à suivre trop l'avis des familles. Il est fragile. D'où l'inéluctable solitude du médecin. Elle a enfin déploré le "grave dysfonctionnement" qui voit "seulement 1% des personnes arrivant en fin de vie dans une EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) bénéficier des soins palliatifs", alors que 25% sont envoyées "finir leur vie à l'hôpital, principalement aux urgences". Or "ce n'est pas le métier, et surtout pas le rôle de l'urgentiste, d'accompagner la fin de vie".

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