Noix et châtaignes : une filière qui a la cote en Limousin

Fin septembre, c'est la saison de récolte des noix et châtaignes. En Limousin ces fruits à coque ont la cote. Malgré la sécheresse et les ravageurs, la production augmente chaque année.

La surface de châtaigniers plantés a été multipliée par 10 en 10 ans en Haute-Vienne
La surface de châtaigniers plantés a été multipliée par 10 en 10 ans en Haute-Vienne © FTV

Depuis longtemps chez nous...

Des traces de coques de noix datant de 17 000 ans ont été retrouvées dans le Périgord dans des lieux d'habitation occupés par des hommes de Cro-Magnon.

La châtaigne, originaire d'Asie Mineure, serait arrivée chez nous au 1er siècle de notre ère. Très présente dans nos campagnes, elle remplaçait les céréales comme aliment de base. On prénommait d'ailleurs le châtaignier "arbre à pain", voire "arbre à saucisses" puisqu’il servait aussi à l’alimentation des porcs.
La châtaigne, un aliment de base qui a longtemps remplacé les céréales en Limousin
La châtaigne, un aliment de base qui a longtemps remplacé les céréales en Limousin © FTV

En 1871, la maladie de l'encre, un champignon parasite, a contribué à décimer de nombreux arbres. De plus, révolution agricole et industrialisation ont eu raison d'une grande partie de la production de châtaignes au milieu du XIXe siècle.
 

Retour en grâce

Noix de Corrèze sur un marché en 2019
Noix de Corrèze sur un marché en 2019 © FTV
Depuis quelques années, les filières noix et châtaignes relèvent la tête :"Depuis les années 90, la mécanisation de la profession, la capacité à ramasser et à sécher très vite ont permis d'augmenter la production et la qualité des fruits. Et puis il y a la reconnaissance avec notre Appellation d'Origine Protégée pour nos noix" explique Carmen Vilhena de Castro, chargée de mission au syndicat professionnel de la Noix du Périgord.

En revanche, il est difficile d'estimer le nombre total de producteurs de noix : "Ils sont plus nombreux c'est sûr mais cela va du professionnel au particulier, c'est compliqué de connaître le nombre exact" ajoute Marion Pompier, conseillère Fruits à coque à la Chambre d'Agriculture de Corrèze."Nous sommes un territoire de nouveau très dynamique, de plus, la plupart des castanéiculteurs ont des vergers bio", Emmanuel Rabaud, président du syndicat Marrons et Châtaignes du Limousin.
 

Les ennemis des fruits à coques

Le Cynips, un insecte ravageur des plantations de châtaigniers en Limousin
Le Cynips, un insecte ravageur des plantations de châtaigniers en Limousin © Wikipedia
Pour les noyers comme pour les châtaigniers se pose le problème de la sécheresse. Moins d’eau est synonyme de fruits plus petits ou desséchés.

La plus grande crainte ce sont les espèces invasives telle la mouche du brou pour les noix, le Cynips pour les châtaigniers, un insecte ravageur, véritable plaie dans nos vergers.

Une mini-guêpe, le Torymus est lâchée pour dévorer les larves de Cynips mais la lutte risque de prendre quelques années avant de faire effet. En attendant que cela fonctionne souvenons-nous de ce vieux dicton : « Si châtaignes et raves venaient à manquer, la France serait ruinée… ».

A signaler en épilogue l'arrivée d'une petite nouvelle dans nos contrées, la noisette. Timidement, elle fait son apparition avec quelques producteurs répartis en Creuse et en Corrèze.

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie