Pommes du Limousin : un épisode de gel historique

Les pomiculteurs du Limousin redoutent de très lourdes pertes. Le milliard d’aide à l’agriculture annoncé par le gouvernement sera-t-il suffisant ?  

Les fleurs de pommiers sont au centre de toutes les attentions
Les fleurs de pommiers sont au centre de toutes les attentions © Pascal Coussy

De mémoire d’ancien corrèzien, on n'a jamais connu 6 nuits de gel consécutives au mois d’avril. Yves Imbeau est un pomiculteur à la retraite et il n’y va pas par 4 chemins : “Perdre presque toute une récolte en 2 ou 3 jours, c’est très ennuyeux. Toucher des aides, ce n’est pas un job ni une fin en soi quand on aime son métier”. 

Le milliard d’euros d’aides annoncé permettra-t-il cependant de sauver les pomiculteurs de l’AOP “pommes du Limousin” ? Pour le premier ministre Jean Castex, “l’Etat doit être à la hauteur de cette catastrophe”. 

Dans un verger de l'AOP "pommes du Limousin"
Dans un verger de l'AOP "pommes du Limousin" © Pascal Coussy

 

Attendre encore 10 jours 

A Juillac, Jerôme Le Solliec possède un verger de 27 hectares. Ses pommiers ont pris deux semaines d’avance au moment des chaleurs du mois de mars. Si bien qu’ils étaient déjà en fleurs quand les fortes gelées sont arrivées le 8 avril. 

 

 

Il estime que 80% de ses fleurs pourraient avoir été touchées. Il faudra cependant attendre une dizaine de jours pour vérifier si elles restent accrochées à l’arbre ou si elles tombent. 

Il est donc encore compliqué d’estimer les pertes. D’ordinaire, les 180 producteurs de l’AOP produisent 90 000 tonnes de pommes par an, ce qui représente 5% de la production nationale. 

 

Pessimisme 

Michel Texier, président de la coopérative Limdor, redoute que beaucoup de ses adhérents n’aient pas assez de trésorerie pour repartir dans de bonnes conditions en 2022 : “Il va falloir passer le cap en payant nos salariés permanents pour entretenir les arbres. Mais quand on voit l’ampleur des dégâts, il est probable que les aides ne soient pas suffisantes". 

Quant à Laurent Rougerie, président de l’AOP “pommes du Limousin”, il espère que les enveloppes accordées aux préfets pour aider les exploitations en situation d’extrême urgence permettront de les sauver. 

 

 

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