Présidentielles 2022 : qui soutient Eric Zemmour en Limousin ?

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Écrit par Nassuf Djailani avec J-M. Jonquard
Daniel Papeix, délégué départemental du jeune parti d'extrême droite, nommé Reconquête en Haute-vienne.
Daniel Papeix, délégué départemental du jeune parti d'extrême droite, nommé Reconquête en Haute-vienne. © André Abalo - France Télévisions

Au lendemain du premier meeting du polémiste d’extrême droite Eric Zemmour, quels sont ses soutiens dans notre région ? Les sympathisants seraient désormais au nombre de 30.000. Qui sont-ils ? Il y a-t-il des politiques de premier plan qui ont rejoint le jeune mouvement ?

« Nous sommes près de 30.000 sympathisants en Nouvelle Aquitaine » se satisfait Arnaud Humbert, le coordonnateur de l’Association Les Amis de Zemmour en Nouvelle Aquitaine. Ce dirigeant d'une entreprise informatique a d’abord passé 14 ans au Front national puis au Rassemblement national en Charente maritime. C’est lui qui dirige aujourd’hui dans la région toute la campagne du désormais candidat Eric Zemmour. « En Creuse nous totalisons près de 200 adhérents le plus faible nombre de toute la nouvelle Aquitaine, en revanche, ils sont près de 600 en Corrèze ou encore 700 en Haute-Vienne », détaille le délégué régional. On ne parle pas de militants encartés, mais des sympathisants qui se sont inscrits sur le site du mouvement Reconquête et qui ont confié leur adresse, leurs noms, en s’engageant à donner un coup de main à la campagne, notamment au tractage le moment venu. En nouvelle Aquitaine, le parti est présent dans les 12 départements. Mais pour le moment les noms des différents représentants du mouvement dans le Limousin n'ont pas été tous dévoilé. « Aucune volonté de faire de la rétention d’information », rassure Arnaud Humbert. Une conférence de presse est prévue à Bordeaux ce samedi 11 décembre à 11h pour rendre public le nom des personnes qui vont incarner le mouvement en Nouvelle-Aquitaine.

En Haute-vienne, Daniel Papeix, ex-LR vient d’être nommé délégué départemental du mouvement Reconquête. 15 personnes travaillent dans le département pour le collectage des signatures, le tractage ou encore le boitage. « En France il y a 100 départements, il suffit d’avoir 5 signatures par département pour réunir les 500 signatures » résume le délégué haut-viennois. Confiant, Daniel Papeix explique même qu’il est chargé par le jeune parti de trouver 3 profils par circonscription. " On me charge de trouver 9 candidats, à savoir des gens qui ont une bonne culture générale ainsi qu’une parfaite culture politique. Ce qui est sûr, c’est que ce ne seront pas des ex-RN, mais certainement des déçus des LR » prévient le représentant du parti de Zemmour en Haute-vienne. De gros dons commencent d’ailleurs à leur être proposé, 15.000 euros seraient déjà réunis au lendemain de la création du parti.

Ce que l’on sait de manière certaine, c’est qu’en Creuse, il s’agira d’un ancien militaire à la retraite qui va être le visage du mouvement Reconquête.  Enfin en Corrèze, le représentant devrait être un ancien militant du mouvement de Jean-Frédéric Poisson. 

Contacté, Daniel Pontier, ancien candidat FN aux municipales de 2013 à Uzerche (19), ne souhaite pas pour le moment confirmer mais il ne cache pas sa sympathie pour le polémiste d’extrême droite. Il a été tour à tour candidat aux dernières cantonales sous les couleurs Front national, avant d’être suspendu du parti des Le Pen pendant deux ans pour l'avoir critiqué. Il exprime encore son amertume pour son ancien parti. « Le Front national en Corrèze a toujours été dirigé par des gens bizarres, raison pour laquelle il ne s’est jamais vraiment implanté ». M. Pontier sait de quoi il parle, puisqu’il a d’ailleurs été candidat pour les législatives de 2017, sous les couleurs du Parti de la France (fondé par Carl Lang, ex bras droit de Jean-Marie Le Pen). Aujourd’hui, à 76 ans « je peux dire haut et fort que je suis pour un soutien à la candidatureJ’ai vu en Monsieur Zemmour quelqu’un qui peut respecter ses engagements. Il faut dire que La France n’est pas en très bon état. C’est son programme dans son ensemble qui me séduit », sourit l’ex-RN.

Concrètement, en Nouvelle-Aquitaine, le mouvement du polémiste rassemble « un beau tissu de militants » selon Arnaud Humbert. « Nous attirons beaucoup de LR, très peu de RN, mais aussi des gens de la société civile », complète le délégué régional. L’appareil régional du mouvement Reconquête est conduit par 3 anciens RN, 4 LR et le reste ce sont des personnes issues de la société civile. « Nous sommes ce matin requinqués du meeting de Villepinte, et nous savons que le candidat Zemmour va très bientôt faire le tour de La France des clochers » espère le délégué régional Nouvelle-Aquitaine. Pour ce faire, le délégué a les yeux rivés sur les électeurs traditionnellement LR qui viennent de voir élire Valérie Pécresse comme candidate de la droite. Pour les convaincre, le discours est presque rôdé : « est-ce que vous voyez une différence entre le programme de Madame Pécresse et Monsieur Macron ? » lance-t-il. Avant de développer les qualités de son candidat : « Zemmour est le candidat de l’Union des droites. Nous en appelons aux déçus du sarkozysme, aux orphelins de Marionisme – pour Marion Maréchal Le Pen – pour rebâtir la grande droite orléaniste, bonapartiste ». Arnaud Humbert, dit être « très fier d’avoir été rejoint par Sens commun, ce qui n’est pas rien, c’est beaucoup d’électeurs » se satisfait-il. Pour lui, c’est « le retour de la Droite RPR ». Coincidence, le parti Reconquête, conduit par le passionné d’Histoire de France, a tenu son premier meeting le 5 décembre, jour de naissance du parti RPR de Jacques Chirac. Quand on demande à l’ancien RN s’il se reconnaît dans le parcours de Jacques Chirac, Arnaud Humbert ne s’en cache pas : « La démarche de Chirac, ça a été l’Union des 3 droites, c’est cela que veut faire Zemmour » prédit-il.

Pour l’ex-RN, « Marine Le Pen a aujourd’hui un discours édulcoré, elle ne cherche pas l’union des droites. Et puis, la plupart des cadres RN sont partis. Plus personne ne sait écrire autour d’elle, les meilleurs sont tous chez Eric Zemmour. Les français ne mettront jamais Marine Le Pen au pouvoir » tance-t-il.

Les militants du nouveau parti Reconquête sont des « CSP plus, avec une forte appétence pour les traditions et les valeurs françaises et qui veulent la pérennité de La France » affirme Arnaud Humbert. Ils viennent pour la plupart des « Gilets jaunes, des LR, mais aussi de La République en Marche, des déçus de Sarkozy, de Fillon ».

Déclaré candidat le 30 novembre, le candidat Zemmour totaliserait d’ores et déjà entre « 250 et 300 signatures » selon  Arnaud Humbert. Il en faut 500 pour voir sa candidature validée par le Conseil constitutionnel.

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