Après un an d'arrêt et sans perspectives de reprise, le monde de la culture manifeste sa détresse à Bayonne

Depuis le 4 mars 2020 et l'arrivée du Covid-19 en France, le monde de la culture est à l'arrêt, ou presque. Ce jeudi 4 mars, danseurs, chanteurs, techniciens, tous les acteurs culturels sont appelés à manifester dans toute la France pour faire entendre leur détresse. Exemple à Bayonne. 

Affiche de la manifestation des professionnels de la culture, à Bayonne ce jeudi 4 mars.
Affiche de la manifestation des professionnels de la culture, à Bayonne ce jeudi 4 mars. © France 3 Euskal Herri

Après un an sans activité ni perspective de reprise, les professionnels de la culture sont à bout. Ils manifestent ce jeudi 4 mars dans toute la France, à l'appel de l'intersyndicale, pour faire entendre leur détresse, comme à Bayonne, où 200 personnes s'étaient rassemblées ce jeudi matin 4 mars devant la mairie. 

Le monde culturel est à bout de souffle, en train de crever. Chez les comédiens, dans les compagnies de théâtre, chez les musiciens, chez les techniciens, il ne se passe plus rien.

Jean-Noël Lassalotte, porte-parole des manifestants

Parmi les manifestants, Anaïs Huby, danseuse vêtue avec son costume de plumes rouges. Elle fait partie de la compagnie de cabaret Anna Smile, basée à Biarritz, mais qui se produit dans toute la France.  

"Cela fait un an, tout pile, que les décisions gouvernementales nous empêchent de travailler. On espère pouvoir reprendre une vie normale et travailler" espère la danseuse, qui, à défaut de reprise, réclame "un peu de visibilité sur l'avenir même si c'est du long terme."

On rencontre des gens qui sont déprimés, qui ont besoin de la culture pour leur quotidien et s'en évader

Anais Huby, danseuse

Grâce au régime des intermittents du spectacle, Anaïs Huby bénéficie d'un minimum de ressources. "Mais répéter, répéter, répéter, sans savoir pour quand, c'est très très difficile moralement", souligne-t-elle. 

Danseuse de cabaret, Anais Huby est venue manifester avec son costume de plumes, à Bayonne, jeudi 4 mars 2021.
Danseuse de cabaret, Anais Huby est venue manifester avec son costume de plumes, à Bayonne, jeudi 4 mars 2021. © France 3 Euskal Herri

Une prolongation de l'année blanche ? 

L'an dernier, le gouvernement a pris une mesure d'urgence pour aider les professionnels de la culture, en prolongeant les droits des intermittents du spectacle jusqu'au 31 août 2021. 

Mais que se passera-t-il après cette date ? "Il faut que l'année blanche se prolonge pour tout le monde, pour qu'on puisse continuer à travailler et à vivre" espère Tabatha Duval, chanteuse et danseuse dans plusieurs troupes et ensembles.

Elle ne voit pas comment s'en sortir autrement. "Pour l'année prochaine, il faudrait que l'on fasse 43 cachets, sauf qu'on ne peut pas les faire. Depuis mars l'année dernière, j'ai fait quatre dates." 

La prolongation de cette année blanche est donc l'une des principales revendications des manifestants. 

Ludovic Torres, danseur-chorégraphe, et Tabatha Duval, danseuse et chanteuse, sont venus manifester pour la réouverture des salles de spectacles, ce jeudi 4 mars à Bayonne.
Ludovic Torres, danseur-chorégraphe, et Tabatha Duval, danseuse et chanteuse, sont venus manifester pour la réouverture des salles de spectacles, ce jeudi 4 mars à Bayonne. © France 3 Euskal Herri

À quand la réouverture ?  

Les artistes réunis ce matin à Bayonne, comme dans toute la France, réclament aussi la réouverture des salles, comme c'est le cas en Espagne. 

→ à lire : "Revoir la scène, ça nous fait revivre !" : des humoristes français remplissent les salles... à Barcelone

"On est tout à fait conscients qu'il y a une pandémie, et qu'il faut faire attention, mais on ne peut plus continuer comme ça. L'Espagne a rouvert ses salles. En Italie, la culture a recommencé un peu à vivre. Il n'y a qu'en France où tout est bloqué, et qu'on a une fin de non-recevoir"  déplore Jean-Noël Lassalotte, accordéoniste "balochard" et porte-parole des manifestants. 

"Depuis un an, je vis avec mes indemnités chômage, je n'ai plus de cachet. J'ai bientôt 50 ans et je n'ai jamais connu ça", témoigne Jean-Noël Lassalotte, porte-parole des manifestants à Bayonne.
"Depuis un an, je vis avec mes indemnités chômage, je n'ai plus de cachet. J'ai bientôt 50 ans et je n'ai jamais connu ça", témoigne Jean-Noël Lassalotte, porte-parole des manifestants à Bayonne. © France 3 Euskal Herri

→ regardez le reportage de Stéphanie Deschamps et Emmanuel Clerc : 

Chanteurs, danseurs, musiciens... Ils manifestent pour sauver la culture à Bayonne

 

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