Bayonne : les soignants du centre de vaccination de Glain menacent de jeter l'éponge

Publié le Mis à jour le
Écrit par Maïté Koda avec Laurianne de Casanove
Vaccination au centre de Glain à Bayonne
Vaccination au centre de Glain à Bayonne © France 3 Aquitaine

Déplorant une mauvaise information des patients qui viennent pour se faire vacciner contre le Covid-19 au centre de Glain à Bayonne, plusieurs soignants menacent d'exercer leur droit de retrait.

Ils s'attendent à du Pfizer et se voient proposer du Moderna C'est le lot quotidien des patients qui se présentent dans les centres de vaccination en ce début décembre.

L'information, transmise par le ministère de la Santé a pourtant été relayée par les Agences régionales de Santé : depuis fin novembre, il a été décidé de réserver les doses de vaccins Pfizer à la vaccination de ville. Dans les centres de vaccination, seules des doses de Moderna, auquel les moins de 30 ans sont non éligibles, sont proposées.

Dans la mesure du possible et des stocks disponibles, les rendez-vous déjà pris avec des vaccins Pfizer pourront être honorés, mais les futurs rendez-vous en centres de vaccination ne se feront qu’avec du Moderna et pour les personnes âgées de plus de 30 ans.

ARS Nouvelle-Aquitaine 

Communiqué de presse du 3 décembre

Reste que, sur le terrain, l'information semble avoir du mal à circuler. Elle est surtout insuffisamment  visible sur les sites proposant la prise de rendez-vous. Au grand dam des professionnels de santé, qui se retrouvent en première ligne face à l'incompréhension des patients, et font part de leur indignation.

"Nous refusons d'administrer du Moderna à des patients ayant pris rendez-vous pour une dose de Pfizer", écrivent-ils dans un communiqué avant de dénoncer une décision "arbitraire et sans explication pour les professionnels ni les soignants, tombée de façon abrupte".

"Le problème, ce n'est pas le Moderna. Nous sommes tout à fait d'accord pour vacciner avec du Moderna, insiste Morgane Cheru, coordinatrice du centre de vaccination de Bayonne. Le problème, c'est que les personnes ne sont pas prévenues au préalable, et que c'est à nous de le faire à leur arrivée au centre".

À charge donc, pour elle et les équipes sur place de gérer l'incompréhension, voire l'agacement des patients. Et d'orienter les moins de 30 ans, non-éligibles, vers la vaccination de ville, déjà saturée.

Droit de retrait

"Nous demandons pour le moment de pouvoir assurer toutes les vaccinations avec du Pfizer sur tous les rendez-vous pris jusqu'à fin janvier", poursuit Morgane Cheru. Quelques nouvelles doses de Pfizer sont attendues sur le centre de Bayonne. Mais les soignants menacent d'exercer leur droit de retrait si la politique mise en œuvre ne change pas.

Dès que nous n'aurons plus de Pfizer pour assurer la vaccination, nous fermerons le centre. Soit probablement dès le début de la semaine prochaine.

Morgane Cheru, coordinatrice du centre de vaccination de Bayonne

France 3 Euskal Herri

Interrogé à ce sujet vendredi 3 décembre, le patron de l'ARS Nouvelle-Aquitaine Benoît Elboode expliquait ce choix de répartition entre centre de vaccination et médecine de ville, pour des raisons de conditionnement. "Le Moderna, ce sont des flacons avec 22 demi-doses pour le rappel. C'est plutôt adapté à une logistique de centre de vaccination qui vaccine à la chaîne, car une fois que le flacon est ouvert, il faut vacciner. Alors que le flacon de Pfizer ne contient que 7 doses, donc on le priorise en ville".

Le directeur de l'ARS Nouvelle Aquitaine rappelle également que pour les plus de 30 ans, les vaccins Moderna et Pfizer offrent la même protection.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.