Pays basque : soupçonné d’avoir tué sa compagne, un homme écroué à Bayonne

Image d'illustration / © Cécile Gauthier
Image d'illustration / © Cécile Gauthier

Un Bayonnais âgé de 52 ans a été écroué à la maison d’arrêt de Bayonne. Il a été mis en examen, lundi 4 novembre 2019, pour violences habituelles ayant entraîné la mort. Sa compagne a été retrouvée morte dans leur appartement. Des voisins affirment avoir prévenu la police à plusieurs reprises.

Par SP avec VD

Le couple habite dans le quartier Sainte-Croix à Bayonne. Samedi 2 novembre, cet homme de 52 ans appelle la police après avoir retrouvé le corps de sa compagne dans leur appartement. Sur place, les forces de l’ordre découvrent une femme couverte de bleus, d’hématomes, sur le visage et le corps. La victime est âgée de 53 ans.
Le couple est sans enfant.

Une femme manifestement battue mais qui avait refusé de porter plainte


Le parquet, contacté par nos soins, affirmet qu'il n'avait reçu aucune plainte ni signalement de violences les concernant. 
Pourtant, plusieurs témoignages recueillis dans le quartier par nos reporters affirment que la victime était manifestement battue. Mais elle avait toujours refusé de déposer plainte contre son compagnon.

Selon Maëlle Corre Labat, membre du collectif  " Collages féminicides ", à peine 20 % des femmes victimes de violences conjugales portent plainte.

C'est jamais une histoire d'amour dans ces cas-là. C'est un processus de violence qui se met en place sur du long terme, c'est très compliqué de s'en sortir dans ces cas-là.

Deux voisins ont pris soin de nous contacter par écrit pour nous affirmer qu'ils avaient contacté la police à plusieurs reprises :

Effectivement c'était ma voisine, les services de police étaient informés de la violence que subissait cette dame. Les voisins ont appelé à différentes reprises lors de leurs altercations,  moi y compris.
Les forces de l'ordre se sont même déplacés dans ce logement.
Une voisine du couple


Ils avaient été appelés à de nombreuses reprise par les voisins, les mêmes voisins qui ont essayé d'intervenir en frappant à leur porte pour le stopper. 
La police s'est déplacée à plusieurs reprise et parfois même ne prenait pas la peine de venir suite aux appels des voisins excèdés, qui entendaient cette dame prendre des coups régulièrement. 
Témoignage d'un autre voisin

Le Procureur de Bayonne, Marc Marié, contacté par téléphonece mercredi matin, confirme n'avoir pas eu de signalements côté police. " La police nous informe quand elle estime qu'il y a une infraction, elle enquête alors avec le Parquet. La difficulté, c'est que quand la police se présente, parfois le couple va parler d'une dispute. La police ne peut pas faire la différence entre le vrai et le faux. "

Si la police fait le constat de blessures, là c'est différent. Il y a une enquête. S'il y a urgence, la police prend ses dispositions avec garde à vue et information au Parquet. 
Marc Marié - procureur de Bayonne

Déjà connu de la justice

Le compagnon de la victime, est immédiatement mis en garde à vue. Devant les enquêteurs, il nie l’avoir tuée. Ce maçon en arrêt maladie, est déjà connu de la justice pour des faits anciens de violences conjugales sur une autre personne.

Lundi soir, une information judiciaire a été ouverte. Il est  mis en examen pour "violences habituelles ayant entraîné la mort sur conjoint". Une autopsie doit être réalisée dans les prochaines heures. Elle doit permettre de déterminer les causes du décès.

Le suspect a été incarcéré à la Maison d'arrêt de Bayonne. Il est convoqué jeudi 7 novembre 2019, devant le juge des libertés et de la détention. Ce dernier doit décider d’une mise en détention provisoire ou d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire.  
 

La thèse du féminicide

La thèse du féminicide est privilégiée par les enquêteurs. Pour rappel, en France, une femme est tuée toutes les quarante-huit heures. Un fléau contre lequel se bat un collectif de «colleuses» pour « exiger des actions et pointer du doigt la responsabilité de l’État, de la justice et de la police » 

 


Depuis quelques semaines, des affiches sont distillées sur les murs dans les villes de France.  Et pour la première fois, dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 novembre 2019, un slogan commun s'affichait sur toutes les banderoles : « Féminicides : État coupable, justice complice »

Cette affiche a aussi été déployée devant le palais de justice de Bayonne avec un objectif : Alerter sur les violences conjugales et les féminicides alors que depuis le 1er janvier 2019, 127 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint.

Les précisions sur place d' Iban Carpentier et Fabien Cordier à Bayonne ►
 
Réactions suite à soupçons de féminicide à Bayonne

 

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