La déclaration d'Arnaga ou l'après ETA au Pays basque

La lecture solennelle de la déclaration par une jeune femme basque à l'issue d'une journée historique, emprunte d'émotion. / © Bake bidea by Flickr
La lecture solennelle de la déclaration par une jeune femme basque à l'issue d'une journée historique, emprunte d'émotion. / © Bake bidea by Flickr

"C'est un grand jour pour le peuple basque." Un jour de célébration avec des personnalités internationales, des élus français et basques réunis afin d'acter la fin d'ETA, mais aussi pour engager un processus de réconciliation. Il va falloir convaincre l'Espagne.

Par Christine Le Hesran

Une journée de célébration. C'est ainsi que les acteurs internationaux qui ont oeuvré pour le processus de paix au Pays basque ont voulu ce vendredi. 
La conférence s'est ouverte par une minute de silence pour toutes les victimes de ce conflit. 
Brian Currin, avocat sud-africain, actif du groupe de contact depuis toujours, a rendu hommage à la société civile qui a permis tout ce chemin. Pour lui : 

C'est la journée du peuble basque. 

Le rôle majeur de la société civile 


Depuis 2010, les débuts du processus où le groupe de contact a joué les intermédiaires entre les différentes parties, il a fallu jeter les ponts, avec des hauts et des bas. 

Ce groupe et ce processus sont uniques. Je ne connais pas d'autres processus parti des racines. 

Mise en lumière, remerciée, félicitée à de nombreuses reprises, la société civile qui a voulu arriver à la paix. Des hommes et des femmes du pays basque comme Anaïs Funosas de Bake Bidea, qui a accueilli toutes les personnalités à Arnaga. 

L'appel solennel au gouvernement espagnol


Gerry Adams est venu parler de l'exemple irlandais, lui artisan de la paix à l'époque qui a aussi connu la prison. 

Lorsqu'il y a de la bonne volonté, ça ouvre les portes. La paix ne se fait pas en une journée. En Irlande, nous avons fait de véritables efforts.


Très solennellement, il a ensuite fait passer le message car il n'est jamais trop tard :

Je voudrais dire au gouvernement espagnol qu'il peut donner des signes positifs en faveur des prisonniers basques pour les rapprocher de leur domicile. Il faut écouter toutes les victimes.

Car pour l'heure, la fin d'ETA est loin de mettre un terme à l'histoire. Mais dissolution d'ETA ou pas, le gouvernement espagnol ne veut pas changer sa position : fermeté. Et les acteurs internationaux à l'image de Brian Currin ont regretté son absence : 

C'est vraiment triste car nous devons intégrer les différentes sensibilités. 

Ce processus n'est pourtant pas terminé. Nous vivons des difficultés de réconicalition avec les victimes et une fois de plus la société civile basque va devoir continuer de construire des ponts du bas vers le haut. 

Car beaucoup reste à faire et des questions posées : Comment traite-t-on  les victimes dans le processus de paix ? La présence très forte des médias espagnols montrent bien la force du débat autour d'ETA de l'autre côté des Pyrénées. 

Jean-René Etchegarray, maire de Bayonne, rappelle la reconnaissance de la souffrance des victimes et des prisonniers.

Nous sommes ici pour vivre un moment fort de l'histoire du Pays basque. 

Puis il ajoute : 

Arnaga propose d'acter les avancées de ce long processus, une nouvelle étape s'ouvre à nous, notre engagement ne doit pas faiblir. Car il y a encore les conséquences du conflit.


L'espoir de la déclaration d'Arnaga


La déclaration d'Arnaga, pleine d'espoir, met pourtant en garde : 

Toute partie qui recherche à obtenir une victoire totale risque de voir le conflit réapparaître comme nous en avons été témoins dans bien d'autres situations. 


La paix se construit à partir de compromis, certains acteurs ont donné les exemples dans leur pays respectif : Afrique du Sud, Irlande. 
La fin d'ETA, officialisée jeudi à Genève, la mobilisation de la société civile pour y arriver, l'exemple basque a été salué. La fin du dernier conflit de cette nature en Europe. 

La déclaration d'Arnaga en intégralité en basque et en français : à revoir ici.









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