Rapprochement des détenus basques : deux etarras transférés à Mont-de-Marsan, dans les Landes

L'entrée du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan photographiée en février 2016. / © MEHDI FEDOUACH / AFP
L'entrée du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan photographiée en février 2016. / © MEHDI FEDOUACH / AFP

Deux détenus membres de l'organisation séparatiste basque ETA ont été transférés lundi de l'Indre et du Val d'Oise vers le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan (Landes) dans le cadre d'un premier rapprochement des prisonniers basques. 

Par AR avec AFP

Ces deux transfèrements marquent le début d'une série de rapprochements de prisonniers basques vers des établissements pénitentiaires du Sud-Ouest qui vont se succéder dans les prochains mois, a précisé l'administration pénitentiaire.

Les deux détenus sont Zigor Garro Perez, dit "Tonino", ex-chef de l'appareil logistique de l'ETA condamné en 2011 à 10 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste, et Julen Mendizabal Elezcano, selon une source proche du dossier.

Des rapprochements annoncés 


Mi-janvier, le militant Jean-Noël Etcheverry, dit "Txetx", impliqué dans la neutralisation des armes de l'ETA, avait annoncé que des premiers transfèrements auraient lieu dans les prochaines semaines vers les prisons de Mont-de-Marsan (Landes) et de Lannemezan (Hautes-Pyrénées).


Des milliers de manifestants le 9 décembre 2017


Le rapprochement des détenus de l'ETA était au centre des revendications de milliers de personnes qui avaient manifesté le 9 décembre à Paris à l'appel d'organisations et d'élus du Pays basque.

Les militants voulaient que le gouvernement français tienne compte de l'évolution de la situation au Pays basque depuis le renoncement de l'ETA à la violence en 2011, puis de son "désarmement". Ils demandaient "la fin du régime d'exception pour les prisonniers basques", des possibilités d'aménagement de peine et la liberté pour ceux qui sont malades ou en fin de peine.

59 membres de l'ETA seraient aujourd'hui détenus dans les prisons françaises. Une quarantaine d'entre eux auraient déposé une demande de rapprochement, selon une source pénitentiaire.

"Nous travaillons au cas par cas" indique Nicole Belloubet

Interrogée en janvier, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait confirmé "prendre en compte" cette situation.

"Nous la traitons de manière extrêmement fine. Il nous a été fait le reproche d'être inactifs sur ce sujet. Mais c'est mon ministère qui a levé le statut de détenu particulièrement signalé (DPS)", un statut très rigoureux, pour un certain nombre de prisonniers ce qui permet aujourd'hui leur rapprochement, avait-elle fait valoir sur France Inter.

"Donc, maintenant, nous travaillons au cas par cas sur des demandes de rapprochement qui ont été effectuées", avait ajouté la garde des Sceaux précisant que "pour la première fois", il existait "un cadre clair" sur lequel elle "pouvait agir" et qu'elle travaillait "de la même manière et selon des règles de droit commun" sur le cas des détenus corses.

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