Régionales : les enseignements du dernier sondage de campagne

Publié le Mis à jour le
Écrit par Hélène Abalo

Quels enseignements peut-on tirer du sondage Ifop - France Bleu du 24 novembre 2015. Pour la première fois, Alain Rousset et Virginie Calmels sont au coude à coude et le Front National progresse. Analyse de Fabrice Bidault de France 3 Limousin. 

Quels sont les principaux enseignements de ce sondage IFOP pour France Bleu ?


Premier enseignement de cette étude : la très forte progression du Front National

Aux régionales de  2010, il avait obtenu seulement  8% des voix. Aujourd’hui, le FN est crédité de 25% au 1er tour et de 26% au second.
C'est-à-dire qu’en 5 ans, il a triplé son électorat.
Il faut rappeler que le FN n'était crédité que de 18% d'intention de vote lors d'une précédente étude du mois de juin, et que lors des dernières Européennes, il avait obtenu 21.8% des voix sur la grande région. Le FN s'apprête donc à réaliser un score historique, et cela dans une région, où il  a pourtant toujours été en recul par rapport à son score national.
C'est la confirmation de l'ancrage rural du Front National qui s'appuie sur un sentiment d'abandon des territoires ruraux et déjà constaté notamment lors des législatives partielles de Villeneuve sur Lot dans le Lot-et-Garonne

2ème enseignement : au 1er tour, Alain rousset et Virginie Calmels sont désormais à égalité, 28% chacun 

C’est une performance pour la tête de liste des Républicains, encore inconnue, il y a 6 mois. Elle profite de sa très forte exposition médiatique et de son tempérament très combatif dans le sillage de la pré-campagne pour la primaire d'Alain Juppé.
Cela pose un vrai problème à Alain Rousset, qui paie sans doute, un discours trop axée sur son action en Aquitaine, et sur sa volonté de transposer, voire d’imposer « le modèle aquitain » à l’ensemble du territoire, négligeant les actions menées en Limousin et en Poitou-Charentes.

L’enjeu du 1er tour est important : celui qui arrivera en tête profitera d’une meilleure dynamique pour le second

En situation de pouvoir l'emporter, Virginie Calmels recevra probablement des soutiens nationaux de poids entre les deux tours et pourrait devenir le symbole de la reconquète de la droite, comme Ségolène Royal l'avait été pour le PS en 2004 en Poitou-Charentes.

Enfin, dernier enseignement : Les verts et le Front de Gauche, crédité d’environ 6% ne pourront pas se maintenir et ils doivent se préparer à fusionner avec la liste socialiste, alors que ses deux partis ne cessent de dénoncer la politique du gouvernement.

Alain Rousset est-il toujours le grand favori, annoncé depuis des mois ?


La confiance semble avoir changé de camp

En juin dernier, Alain Rousset, avec 49% d’intention de vote, devançait son adversaire de 16 points. Il n’a plus aujourd’hui que 4 points d’avance avec 39% , contre 35% à Virginie Calmels.
On est donc maintenant dans la marge d’erreur du sondage. Mais pour l’emporter la candidate des Républicains devra cependant attirer vers elle, une partie de l’électorat du Front National, ce qui ne sera pas facile, car l’étude montre que 92% des électeurs FN du 1er tour ont l’intention de voter encore FN au second. Et Virginie Calmels incarne aux cotés d’Alain Juppé, la droite la plus hostile au Front National.

De son coté, Alain Rousset va devoir réussir, en 48 h entre les 2 tours, la fusion avec les listes Front de gauche et Europe Ecologie les verts, ce qui compte tenu des prises de positions actuelles, ne s'annonce pas si facile. Et même dans cette hypothèse, il faudra ensuite convaincre les électeurs.
Aujourd’hui, un peu plus de 2/3 seulement des électeurs FG et EELV ont l’intention de voter PS au second tour.

En conclusion, pour la 1ère fois dans cette campagne, la "Nouvelle Aquitaine" fait partie des régions qui peuvent basculer.

Retrouvez les résultats du sondage IFOP- France Bleu  ICI