Secours d’urgence, intervenir en 30 minutes

© France Lemaire - France 3 Limousin
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C’est l’objectif affiché par le ministère de l’intérieur : accès aux soins urgents en moins de 30 minutes. Derrière l’ambition, la réalité de terrain pour les pompiers, SMUR et ambulances privées. Avec des délais d’intervention qui se rallonge quand on s’éloigne des centres urbains

Par Hélène Abalo

Des milliers de personnes, chaque année, font appel aux services d’urgences. En Limousin, comme ailleurs en France, les SAMU sont les pilotes du système. Il existe un Service d’aide médicale d’urgence par département, à Guéret, Tulle et Limoges.

Les personnels spécialisés de ces services d’aide médicale d’urgence, médecins et assistants assurent la régulation, ce sont eux qui déterminent le degré d’urgence et de gravité des cas et adressent les moyens le plus adéquat :

La régulation médicale du SAMU a pour objectif d’apporter une réponse médicale adaptée à tout appel venant d’une personne en détresse.( Source ministère de la Santé).

L’objectif  pour l’Etat est un "accès aux soins urgents en moins de 30 minutes". Mais ce qui est possible en zone urbaine se complique rapidement en zone rurale. En Limousin, malgré l’action conjointe des SMUR, des pompiers et des ambulances privées, certains secteurs sont plus difficilement accessibles. C’est le cas des communes situées sur le plateau de Millevaches en particulier.
 


A Limoges, le SAMU, le 15, reçoit 190 000 appels par an, plus de 500 appels journaliers. Ces milliers d’appels ont déclenché, en 2018, 3 150 sorties de véhicules du SMUR. Ces équipes mobiles d’urgences et de réanimation sont composées d’un médecin urgentiste, d’un infirmier et d’un ambulancier.

En Limousin, il existe 3 SMUR en Haute-Vienne, basés à Limoges, Saint-Junien et Saint-Yrieix-la-Perche, en Corrèze, 3 également, à Tulle, Brive et Ussel en revanche, un seul SMUR pour la Creuse, basé à Guéret. Une implantation unique, peu fréquente en France et qui pose évidemment des difficultés particulières, avec des temps de trajets qui s’allongent.

Pour venir compléter les SMUR, la régulation du SAMU fait appel, au quotidien, aux pompiers ou aux ambulances privées afin d’effectuer le transport des patients vers des structures médicales : " Les SAMU organisent, le cas échéant, le transport dans un établissement public ou privé en faisant appel à un service public ou à une entreprise privée de transports sanitaires" , indique ainsi une Circulaire interministérielle du 5 juin 2015.

Ce même document précise ainsi ce rôle des pompiers dans le cadre du secours d’urgence aux personnes (SUAP) qui doivent ainsi "réaliser l’évacuation éventuelle de la victime vers un lieu d’accueil approprié".

Le code de la santé publique ne distingue d’ailleurs pas les différentes parties prenantes de l’urgence, en stipulant dans son article L6311-2 que " Les services d'aide médicale urgente et les services concourant à l'aide médicale urgente sont tenus d'assurer le transport des patients pris en charge dans le plus proche des établissements offrant des moyens disponibles adaptés à leur état."

Dans le dispositif, les pompiers ont pris un rôle important ces dernières années. Le secours à la personne représente aujourd’hui au niveau national plus de 80 % de leurs activités. Chiffre qui correspond également à la situation actuelle en Limousin.

Les temps d’intervention des pompiers sont, chaque année, publiées par le ministère de l’Intérieur, les derniers chiffres produits en 2018 indiquent que le temps moyen d’intervention (y compris le temps de prise en charge de l’appel téléphonique)  est de 14 minutes 25 secondes en France pour les services d’incendies et de secours, en Haute-Vienne, ce temps moyen est de 16 mn 06 et en Corrèze de 21mn22 (chiffre de la Creuse non communiqué). Ces délais moyens marquent ainsi des disparités déjà importantes.
 


Le SAMU fait également appel, au quotidien, aux ambulances privées pour le transport des patients. Ils sont aujourd’hui un maillon essentiel des secours.
 


Le système de traitement de la régulation peut aussi se tourner vers des médecins et des personnels paramédicaux libéraux, ils sont sollicités dans le cadre d’accords de partenariat.

  


 

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