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Anesthésiste de Besançon : le Dr Péchier restera-t-il en liberté sous contrôle judiciaire dans la Vienne ?

Frédéric Péchier à son arrivée au tribunal de Besançon ce mercredi 12 juin en compagnie de sa soeur et de son avocat. / © SEBASTIEN BOZON / AFP
Frédéric Péchier à son arrivée au tribunal de Besançon ce mercredi 12 juin en compagnie de sa soeur et de son avocat. / © SEBASTIEN BOZON / AFP

La cour d'appel de Besançon devrait dire ce mercredi si l'anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d'avoir empoisonné 24 patients au cours d'interventions chirurgicales, reste en liberté sous contrôle judiciaire ou est placé en détention provisoire. Il réside chez ses parents près de Poitiers.

Par Avec AFP

Le docteur Frédéric péchier, âgé de 47 ans, a répondu à la convocation de la cour qui a décidé, dès l'ouverture de l'audience à 9H00, qu'elle se tiendrait à huis clos, conformément aux réquisitions du parquet général.
La famille du médecin et la presse ont dû quitter la salle. Une trentaine de victimes présumées ou de proches des victimes pouvaient en revanche assister aux débats.
Parmi ces proches, le père de la plus jeune victime présumée, un enfant opéré en 2016 à l'âge de 4 ans des amygdales et qui avait survécu à deux arrêts cardiaques.


Maintien en liverté ou prison    

A l'issue de l'audience, les magistrats pourraient décider de mettre leur arrêt en délibéré devant la complexité exceptionnelle du dossier.
Sans se prononcer sur la culpabilité du médecin, les juges devront dire si son maintien en liberté est susceptible de créer un trouble à l'ordre public, d'entraver l'enquête ou encore de faire peser une pression sur les victimes présumées.


En résidence près de Poitiers chez ses parents

Dès 2017, le Dr Péchier s'était vu interdire d'exercer sa profession. Son contrôle judiciaire a été renforcé à la mi-mai avec une obligation d'éloignement de Besançon et de ses environs.
Il réside depuis chez ses parents, près de Poitiers, là où il a débuté ses études de médecine et où son père exerce lui-même comme anesthésiste. Mais le parquet a fait appel il y a trois semaines de la décision du Juge de la liberté et de la détention de ne pas incarcérer l'anesthésiste à l'issue de sa garde à vue le 16 mai 2019.
L'un des avocats de la partie civile affirme que le Dr Péchier a violé son contrôle judiciaire et qu'il serait entré en contact avec d'anciens collègues.

"Il y a eu violation du contrôle judiciaire" auquel le Dr Péchier était astreint, assure Me Frédéric Douchez, conseil de la clinique Saint-Vincent où il exerçait, s'attendant à une audience "virile mais correcte".
Des accusations taxées de "ridicules" par Me Randall Schwerdorffer, l'un des avocats du Dr Péchier. Celui-ci, a-t-il assuré, attendait "sereinement l'audience" de la cour d'appel, faisant "confiance à la chambre de l'instruction".
   

Les avocats de la partie civile devaient plaider devant la chambre de l'instruction de la cour en faveur du placement en détention du médecin, ce que devrait également requérir le parquet général.
  

Soupçonné de 17 nouveaux cas d'empoisonnement

Depuis la mi-mai , le Dr Péchier est mis en examen pour 17 nouveaux cas d'empoisonnements qui s'ajoutent aux sept pour lesquels il était déjà poursuivi depuis 2017.
Autrefois praticien réputé, Frédéric Péchier a été mis en examen une première fois en 2017 pour sept cas d'empoisonnements, dont deux mortels. Il avait alors été laissé en liberté sous contrôle judiciaire comme après la seconde mise en examen en mai pour 17 dix-sept autres cas, dont sept mortels.
    
L'anesthésiste est soupçonné d'avoir pollué, entre 2008 et 2017, des poches de perfusion de 24 patients âgés de 4 à 80 ans pour provoquer des arrêts cardiaques, démontrer ses talents de réanimateur et discréditer ses collègues d'une clinique de Besançon avec lesquels il était en conflit. 
   

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