Coronavirus. A Poitiers, les tests sérologiques rapides en commande dans les pharmacies

Après la publication ce week-end d'un arrêté, les pharmacies sont autorisées à réaliser des tests de diagnostic rapide au coronavirus. Les tests, actuellement en commande, indiquent si l’organisme a déjà développé une réponse immunitaire contre le SARS-CoV-2.

Guilène Tabary, pharmacienne à Poitiers, passe sa première commande de tests.
Guilène Tabary, pharmacienne à Poitiers, passe sa première commande de tests. © Jérôme Vilain / FTV
Avez-vous été exposé au coronavirus dans le passé ? Un tout nouveau test rapide autorisé par décret (voir l'article 26) depuis ce week-end donne la réponse en dix minutes seulement. Le test, appelé TROD, pour tests rapides d'orientation diagnostique, révèle si la personne testée a fabriqué (ou est en train de développer) des anticorps contre le SARS-CoV-2. A Poitiers, les pharmaciens lancent leurs premières commandes pour être prêts s'ils devaient être sollicités par l'Agence régionale de Santé (ARS).

"J'ai déjà fait une pré-commande avec mon groupement", indique Anne Rouet, pharmacienne à Poitiers. Comme elle, son confrère Christophe Marchon, également pharmacien à Poitiers, constate qu'"il y a de la demande". 

Si un pharmacien détecte un cas positif, il faudra orienter la personne vers un laboratoire d'analyses médicales pour confirmer le test

Pierre Béguerie, président du conseil régional de l'ordre des pharmaciens de Nouvelle-Aquitaine

Un test sans ordonnance

Les deux professionnels de santé précisent ne pas avoir de précisions "sur les délais" de livraison de ces nouveaux tests. "Peut-être une dizaine de jours", espère Christophe Marchon, qui lui, passe ses premières commandes en ce début de semaine. Tous les deux ajoutent que les premières informations sur le dispositif leur parviennent "depuis ce lundi matin", seulement.

Dans la pratique, "ce test peut être délivré sans prescription médicale", indique la direction générale de la Santé (DGS). "Les populations privilégiées sont les patients ayant des difficultés d'accès à un laboratoire de biologie médicale", précise la DGS. Ce seront aux pharmaciens de réaliser ces tests sur leurs clients. Ils y sont autorisés, "à titre exceptionnel", "jusqu'au 30 octobre". 

"Si besoin, les autorités peuvent appeler les pharmaciens en renfort pour pratiquer les tests à grande échelle", explique Pierre Béguerie, président du conseil régional de l'ordre des pharmaciens de Nouvelle-Aquitaine et président du conseil central des pharmaciens d'officine de France.

Cette autorisation était très attendue par les pharmaciens qui, comme les médecins et les infirmiers, souhaitaient participer à l'effort de lutte contre le SARS-CoV-2. 

Pour que le test soit fiable, il faut que la personne testée ait été en contact avec le virus 10 à 14 jours plus tôt

Pierre Béguerie, président du conseil régional de l'ordre des pharmaciens de Nouvelle-Aquitaine

Ces tests sérologiques ne sont pas pris "en charge par l'assurance maladie". En revanche, ils "sont pris en charge à 100% pour les soignants", comme les tests RT-PCR réalisés en laboratoire. 

Détecter les anticorps

Comme pour les personnes diabétiques, il s'agit de prélever une goutte de sang au bout d'un doigt et de la mettre en contact avec un produit réactif qui indique si la personne a développé des anticorps au virus.

Pour les pharmaciens, ces tests paraissent assez simples à organiser, dans le respect des recommandations sanitaires de la Haute Autorité de Santé (HAS). Seule l'interprétation des résultats peut se révéler plus compliquée.

Les pharmaciens reconnaissent déjà les limites du test qu'ils pourront proposer. "Pour que le test soit fiable, il faut que la personne testée ait été en contact avec le virus 10 à 14 jours plus tôt", explique Pierre Béguerie. "Si la personne a été en contact avec le virus juste trois jours auparavant, le test sera négatif... On ne pourra pas le détecter", reconnait-il.

En cas de test "positif, il faudra orienter la personne vers un laboratoire d'analyses médicales pour confirmer le test", explique Pierre Béguerie. Il rappelle également que "pour l'instant, rien ne prouve que quelqu'un qui a contracté le coronavirus est protégé."

La DGS précise également qu'en cas de résultat négatif au test TROD, "une confirmation par test sérologique réalisé en laboratoire de biologie médicale devra être transitoirement encouragée". Les autorités sanitaires rappellent aussi que "le résultat doit être transmis au patient de façon formalisée et avec des explications".

Le test TROD est en effet différent des tests RT-PCR pratiqués en laboratoire qui, eux, sont des tests virologiques permettant de vérifier si le virus est toujours présent dans l’organisme. Ils permettent donc de dire si la personne est toujours contagieuse, ce que ne permet pas de dire le test TROD.
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