Exclus du "Ségur de la santé", les aides-soignants à domicile de Poitiers se mobilisent

Les aides-soignants du SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile) de Poitiers manifesteront ce jeudi 4 mars pour réclamer les revalorisations salariales accordées au reste du personnel soignant par le Ségur de la santé. 

© Bettina Texier

"Nous, on en a marre". Les 32 aides-soignants du service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) rattaché au centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Poitiers sont lasses de devoir attendre et négocier, afin de bénéficier des primes et revalorisations salariales prévues suite aux accords du Ségur de la santé signés en juillet 2020.

Les "oubliés" du Ségur

La première version du Ségur de la santé, qui réservait la hausse de salaire de 183+35€ nets/mois aux professionnels paramédicaux des établissements de santé et EHPAD publics & privés non lucratifs avait suscité la grogne de nombreuses structures, dont les intervenants à domicile, qui s'en trouvaient exclus.

Le 11 février dernier, le ministre de la santé Olivier Véran annonçait que cette revalorisation serait élargie aux "oubliés". Un élargissement qui laisse encore de côté certaines structures, comme le SSIAD de Poitiers, pour d'obscures raisons de nomenclature administratives ... "Ça va venir, mais pour le moment on n'est toujours pas dedans" regrette Cécile Hilairet, aide-soignante dans le service.

 

 

Pas de prime "grand âge" non plus

La principale activité de Cécile Hilairet et de ses collègues, c'est de prodiguer des soins d'hygiène quotidiens à des personnes âgées dépendantes, afin qu'elles puissent continuer à vivre à leur domicile. Prévenir ou différer l’entrée à l’hôpital ou dans un établissement d’hébergement des patients, c'est la mission des  Services de Soins Infirmiers à Domicile  comme celui de Poitiers.

En complément de la revalorisation salariale, une prime "grand âge" de 100€ nets mensuels a été "créée pour les aides-soignants exerçant auprès des personnes âgées, par décret publié le 31 janvier 2020. Cette prime sera versée sans délai, avec effet rétroactif à compter du 1er janvier. Elle vise à reconnaître leur engagement et leurs compétences, tout en améliorant l’attractivité et les conditions d’emploi et de rémunération des métiers du grand âge." selon le ministère de la Santé.

Cette prime, Cécile et ses collègues ne l'ont toujours pas perçue non plus. Cette fois, c'est le financement qui pose problème. À Châtellerault, elle aurait été prise en charge à 100% par l'ARS. Mais à Poitiers, 30% restent à la charge de la municipalité, avec qui des négociations sont en cours.

"On ne trouve plus de remplaçant, les gens vont travailler ailleurs, on nous a déjà annoncé que cet été on va devoir travailler un week-end supplémentaire" déplore Cécile.

Dépités de ce manque de reconnaissance et de soutien, les aides-soignantes de Poitiers seront symboliquement en grêve ce jeudi 4 mars, elles assureront tout de même les soins, et manifesteront devant leurs locaux sur leur temps de pause, entre 13h et 14h.

 

 

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