Gilets jaunes, un an après : "les mobilisations d'aujourd'hui sont sectorielles", selon le député Sacha Houlié

Dans une interview ce vendredi à France 3 Poitou-Charentes à l'occasion du premier anniversaire du mouvement des Gilets jaunes, le député La République en Marche de la Vienne, Sacha Houlié, affirme qu'un "travail de longue haleine" a été mis en place. Il doit "réparer la fracture territoriale".

Le député La République en Marche de la Vienne, Sacha Houlié, sur le plateau de Dimanche en politique, diffusé dimanche 17 novembre à 11h30
Le député La République en Marche de la Vienne, Sacha Houlié, sur le plateau de Dimanche en politique, diffusé dimanche 17 novembre à 11h30 © France Télévisions
Pour les Un an de leur mouvement, les Gilets jaunes espèrent à nouveau mobiliser la rue ce week-end.

Une série de rassemblements et d'actions sont d'ores et déjà annoncées ou pressenties dans les principales villes de la région, à Angoulême, Châtellerault, ou Saintes, notamment. 

La contestation des Gilets jaunes, si elle a débuté contre la hausse des taxes sur le carburant, a amené à une série de revendications comme la baisse de la TVA sur certains produits de première nécessité, la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), le retour de l’impôt sur la fortune (ISF) et, depuis, une dénonciation des violences policières.  

Entretien avec le député LREM de la Vienne, Sacha Houlié

A l'occasion de l'anniversaire de la mobilisation du 17 novembre 2018, le député de la Vienne La République en Marche, Sacha Houlié, évoque, dans une interview à France 3 Poitou-Charentes, le "travail de longue haleine" déployé pour "réparer la fracture territoriale" exprimée par les Gilets jaunes.


France 3 Poitou-Charentes : Un an après le début du mouvement, avez-vous le sentiment que l'on soit à l'aube d'un nouvel hiver de mobilisation des Gilets jaunes ?

Sacha Houlié : "Je ne souhaite pas qu'on ait des contestations à nouveau qui parfois se sont exprimées de façon violentes comme on a pu le voir l'année dernière. Il faut voir ce qui a été fait depuis : les mesures urgentes annoncées en décembre dernier et les mesures significatives pour le pouvoir d'achat, avec des mesures sur la taxe sur les carburants et surtout une convention citoyenne qui doit définir ce qui est acceptable ou non pour engager la transition écologique et solidaire, laquelle rendra ses conclusions en janvier. Et puis, il y a la loi que j'examine bientôt au Parlement sur la ruralité au travers du message envoyé aux maires qui, par contagion, par transpiration va aussi redonner confiance aux habitants des zones rurales en leur disant que l'on va redonner à leurs maires leurs moyens d'action. Il y a un travail de longue haleine en dehors des mesures d'urgence qui doit pouvoir, finalement, réparer la fracture territoriale qu'avaient exprimée les Gilets jaunes à l'occasion de la mobilisation l'année dernière, née le 17 novembre 2018."


France 3 Poitou-Charentes : On sent pourtant toujours les mêmes revendications sur le coût de la vie, la baisse de la TVA sur certains produits de première nécessité. Les choses n'ont pas forcément avancé sur ce point précis.

Sacha Houlié : "Sur ce qui concerne le coût de la vie et le pouvoir d'achat, sur les primes qui ont été créées, la prime Macron qui a été pérénisée, les 1.000 euros à la main des entreprises, la prime d'activité, elle aussi perenisée, ou les baisses d'impôts, ces 5 milliards dans le budget de l'Etat que nous votons pour l'année à venir, en plus de la baisse de la taxe d'habitation qui était une promesse de campagne. Tout ça, ce sont des choses qui se sont construites et qui se déploient progressivement. Exemple, la taxe d'habitation : c'était -30% en 2018, -60% en 2019 et on arrivera enfin à une exonération totale pour 2020. Ce sont des éléments qui avancent pas à pas et qui font que parfois ils ne couvrent pas totalement l'impatience qui est celle exprimée, mais ils sont réels pour changer les choses."


France 3 Poitou-Charentes : Il y a un appel à la grève le 5 décembre. On sent une volonté de voir les mouvements de contestation s'agréger. C'est une crainte pour vous et votre famille politique ?

Sacha Houlié : "Sur le 5 décembre et sur les mobilisations en général : la mobilisation est différente de celle des Gilets jaunes. Celle des Gilets jaunes, c'etait une revendication sur la taxe sur les carburants qui était insupportable à la ruralité pour des questions de mobilité. Les mobilisations que l'on connaît aujourd'hui sont sectorielles : les policiers, les hospitaliers, les professeurs, les étudiants et la mobilisation du 5 décembre sur les retraites..."


France 3 Poitou-Charentes : ...mais on sent qu'elles s'agrègent, pourtant.

Sacha Houlié : "On le verra si elles s'agrègent. En tout cas, aujourd'hui, on entend des revendications et elles sont traitées en tant que telles. Des annonces, la semaine prochaine sur l'hôpital. Une détermination à changer le régime des retraites. Pas pour dire qu'on va changer pour changer, mais pour dire à toutes les générations, comme la mienne, que eux aussi ils auront un droit à la protection sociale universelle qui est le droit à la pension de retraite. Je veux bien qu'il y ait une réticence, des appréhensions, des inquiétudes, mais on a besoin de garantir ça. Jean-Paul Delevoye sera dans la Vienne le 21 novembre pour répondre à toutes les questions des personnes qui seront intéressées."
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