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Poitiers : Cindy a perdu son bébé suite à une erreur médicale

Cindy Sufficeau a perdu son bébé le 17 juin 2014. / © Anthony Halpern - France Télévisions
Cindy Sufficeau a perdu son bébé le 17 juin 2014. / © Anthony Halpern - France Télévisions

En juin 2014, Cindy Sufficeau a perdu son bébé de 3 jours. Il est mort au CHU de Poitiers après une erreur médicale. Aujourd'hui, l'instruction est au point mort. Pour la plus grande douleur de la mère.

Par Lionel Gonzalez

Il y a cinq ans, le 13 juin 2014, Cindy Sufficeau mettait au monde une petite fille, Djulia, un bébé prématuré de six mois, mais viable (850g).
Mais quatre jours plus tard, dans la nuit du 16 au 17 juin 2014, son bébé décède au Centre hospitalier de Poitiers après avoir passé quatre jours en réanimation et après deux arrêts cardiaques. Le deuxième lui sera malheureusement fatal.

Erreur médicale ?

Il y a bien eu un dosage de potassium, dix fois le dosage qu'elle aurait dû recevoir. Je me dis qu'elle a sûrement souffert, et ça pour moi, c'est inimaginable.
- Cindy Sufficeau, maman de Djulia

Cindy porte plainte pour homicide involontaire le 23 juin 2014. Une instruction judiciaire sera ouverte le 10 janvier 2015, après l'audition des deux infirmières mises en cause.
De son côté, le Centre hospitalier de Poitiers ouvre immédiatement une enquête administrative interne (ce qui se passe à chaque fois qu'un fait de ce type intervient). Le 18 juin 2014, l'établissement fait ce signalement auprès du procureur de la République de Poitiers, via les services du commissariat de Poitiers. Une enquête pénale est alors diligentée dans le cadre de l'ouverture de l'instruction. Deux infirmières du service de néonatalogie seront auditionnées.

Dans un communiqué, le Procureur de la République, Monsieur Garrandaux, indique que le Parquet demande au service d'aide aux victimes de se rapprocher de la famille afin de lui apporter une aide psychologique et juridique. Dans le courant de l'été 2014, la famille indique ne pas souhaiter cet accompagnement. Elle précise être assistée par un avocat et un psychologue.

Un juge d'instruction est saisi en juin 2016, après que l'autopsie ait été effectuée.

Toujours selon le communiqué du Procureur de Poitiers, une commission rogatoire est délivrée aux services de police le 11 septembre 2017, retournée au Magistrat instructeur le 15 novembre 2017. Le 17 août 2018, le juge d'instruction demandait aux services de police des investigations complémentaires.

Depuis 2015, ce dossier est resté au point mort... ou presque

Les dossiers médicaux prennent du temps. Mais là, ce qui n'est pas admissible, c'est qu'il s'est passé quatre ans, sans aucune avancée. Cette instruction qui aurait dû prendre quatre ou cinq ans va peut-être en prendre dix. Ce n'est pas acceptable.
- Maître François Gaborit, avocat de Cindy Sufficeau

Le 18 décembre 2018, Cindy Sufficeau se constitue partie civile par l'intermédiaire de son avocat. Un mois plus tard, et demande une audition auprès d'un juge d'instruction. Le 4 février 2019 indique à Cindy et son avocat qu'ils ne pourront pas être reçus dans l'immédiat, "compte tenu de la situation actuelle des services d'instruction".

Ces délais sont interminables dans un contexte judiciaire difficile. Le pôle d'instruction du tribunal de Poitiers est en sous-effectif depuis septembre. Seulement, deux juges d'instruction sont actuellement en fonction, contre trois en temps normal.

Pourquoi faut-il faire un apport en potassium aux bébés prématurés ?

Lors d'une naissance prématurée, un apport en sels minéraux (sodium, potassium…) est souvent nécessaire afin d'aider le fonctionnement des reins du bébé. Un contrôle du volume et le contenu des urines est alors nécessaire.

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