Petite histoire de la tradition du calendrier de l'Avent

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Déjà, petits et grands ont leur calendrier de l’avent. La tradition d’attendre Noël en ouvrant une petite fenêtre chaque jour remonterait au 19e siècle, et trouverait ses racines en Allemagne. Explications avec une historienne des fêtes.

Alors que nous sommes à quelques jours de Noël, nous avons voulu en savoir un peut plus sur les origines de cette coutume du calendrier de l'Avent. Ainsi nous avons contacté Nadine Cretin, docteure en Histoire à l’EHESS. Elle est spécialiste des relations entre le territoire et ses usages festifs, rituels et spirituels. Nadine Crétin étudie le calendrier, les origines et les manifestations des fêtes occidentales, qu’elles soient profanes ou sacrées.

Une tradition qui vient d’Allemagne

« En Allemagne, en Bavière, au cours du 19e siècle, les enfants collaient des images, neuf à dix jours avant Noël ». La tradition du calendrier était une façon pour les enfants d’attendre le jour de Noël, en collant des images, « même sur les murs de leurs chambres ». Selon Nadine Crétin, la tradition est « plutôt profane », même si les images sont en général pieuses, elles ne le sont pas forcément. « Ce pouvaient être des images de bergers, de Jésus, de la Vierge, mais aussi des fleurs, des jouets, des fleurs ». Au départ, les 24 petites fenêtres du calendrier n’existent pas. L’enfant compte dix jours avant Noël : « Et puis progressivement l’enfant a pris l’habitude de décompter, et au lieu de compter que neuf ou dix jours, comptait à partir du 1er décembre. »  La coutume était connue aussi en Autriche : « Neuf jours avant Noel, on se portrait de maison en maison, dans des fermes assez isolées, l’image de la Vierge ». Une autre façon de patienter en attendant Noël. Au Mexique, la chercheuse évoque la tradition des posadas : « pendant neuf jours on représentait la quête de Marie et Joseph qui cherchaient une auberge pour la naissance de l’enfant Jésus. Comme à Bethléem, ils allaient de maison en maison. On n’ouvrait pas la porte que la 9e fois, et c’était le soir du 24 décembre. »

Le temps de l’attente

L’Avent ne commence pas forcément le 1er décembre, mais au dimanche le plus proche de la Saint André, soit, quatre dimanches avant Noël. « Avent vient du latin adventus , qui signifie l’avènement de Jésus Christ. » Le premier à commercialiser les calendriers est Gerard Lange, en 1908, à Munich : « A ce moment-là, ce n’étaient pas des images mais des versets de la Bible. C’était principalement des images pieuses, mais pas toujours. » A l’époque, des personnes s’exercent à mettre des petites pâtisseries qu’on pouvait décoller au fur et à mesure, précise Nadine Crétin.  

Commercialisé en France dans les années 70

En France, le calendrier de l’Avent apparaît assez tard, dans les années 70. « Les calendriers n’avaient pas de succès comme en Allemagne. C’était les chrétiens qui faisaient ça, essentiellement catholique. » Avec la représentation du père Noël, les fenêtres ouvrent sur de petits cadeaux, « progressivement on a mis des petits chocolats, on a agrandi le calendrier, et maintenant on y trouve des parfums, des bouteilles de bières, cosmétiques, différents produits, commercialisé en Occident, très célèbre. » Il y a même des petits calendriers avent où on trouve des choses pour offrir a animal domestique, chien ou chat. On décline le modèle d’une façon qui n’a plus rien à voir avec celui du début. Le calendrier n’a gardé de pieux que le nom Avent.