Une cellule interministérielle de crise activée pour faire face à une sécheresse historique

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Écrit par Sarah Marty

La Première ministre Élisabeth Borne active une cellule de crise interministérielle pour faire face à la sécheresse la plus importante, jamais enregistrée dans le pays.

"Cette sécheresse est la plus grave jamais enregistrée dans notre pays et les prévisions météo laissent présager que la situation pourrait perdurer sur les 15 prochains jours voire devenir plus préoccupante encore" , c'est une annonce faite par Matignon ce vendredi matin, à l'ouverture d'une cellule interministérielle de crise pour lutter contre les effets de la sécheresse.

Le but est de faciliter la remontée d'informations et de coordonner les actions entre les préfets, l'Agence Régionale de Santé (ARS) et les élus afin de faire face au manque d'eau. Selon le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu , une centaine de communes n'ont plus d'eau potable. 

L'été 2022 sera le plus sec que nous n'avons jamais connu.

Christophe Béchu, ministre de la transition écologique en déplacement à Roumoules (Alpes de Hautes Provence)

93 départements ont déjà pris des arrêtés de restrictions d'eau et 62 ont atteint le niveau d'alerte le plus élevé.

Préserver les forêts 

Le mercredi 12 août, la préfecture de la Vienne a pris un arrêté interdisant l'exploitation forestière, un arrêté déjà présent dans l'Indre et le Cher. Dès midi, Erwan Barbot, gérant de la scierie et exploitant forestier Barbot & fils a dû "tout stopper de but en blanc". Au sol des troncs d'arbres, les salariés n'ont pas eu le temps de les ramasser.  " Certains de mes salariés sont en vacances, j'ai pu en rapatrier 2 dans la scierie par ce que ce sont les vacances et qu'ils ont des congés". Mais l'arrêté en vigueur ne précise pas de date de fin. " Au-delà de 15 jours, ça va devenir compliqué, je n'aurai plus de bois pour alimenter la scierie" précise le gérant de l'entrepris Barbot & fils. 

Un arrêté pris pour protéger la forêt de potentiels incendies causés par les engins de chantier alors que les massifs sont déjà très secs, les animaux commencent à manquer d'eau. Dans la forêt de Chizé, les chasseurs donnent de l'eau aux animaux depuis le début de la saison. "C'est une situation assez exceptionnelle, la faune et la flore souffrent, dans les massifs forestiers, il ny a pas de marre permanente ou de rivière" Charles André Bost directeur de recherche au CNRS.

Les agriculteurs directement concernés

En Charente, la production de fourrage est en baisse de 27 % et les éleveurs commencent déjà à nourrir les bêtes à défaut d'herbe dans les champs. Les troupeaux commencent à rentrer à l'étable comme en hiver, il faut aussi leur donner à boire. Jean-Bernard Sallat, éleveur de vache limousine et vice président de la Chambre d'agriculture ; fournit environ 6 000 litres d'eau par jour à son troupeau de 110 vaches. Avec ces dépenses précoces, il va devoir vendre 10 % de son cheptel " les bêtes que j'auras dû vendre au printemps ou l'été prochain, je les ai mises à l'engraissement pour qu'elles partent en septembre. Ça va me permettre de faire un peu de trésorerie pour acheter de la nourriture et consommer moins de foins pour pouvoir passer l'hiver."

La Charente-Maritime aussi manque d'eau ! Selon Denis Minot, directeur du service Eau 17 interrogé par France info, "le débit d'eau est très bas, très tôt dans la saison, normalement le débit le plus bas est atteint aux alentours du 4 septembre, là on a 1 mois d'avance". Le principal gestionnaire d'eau du département appel à réduire la consommation d'eau, une restriction qui se ressent chez les maraîchers. Jérôme Bourdeau, maraîcher de la "ferme de Treuil Charré" en Charente-Maritime, doit trouver un autre cours d'eau pour la première fois depuis son installation en 2008. 

Là, on a perdu au moins 15 à 20% de cette production de salade, donc pas loin de 200€ de perte.

Jérôme Bourdeau, maraîcher

La première Ministre Élisabeth Borne appelle les Français à être vigilants. Cette cellule interministérielle devrait permettre de "prendre des mesures d'anticipations" et aussi de "durcir un certain nombre de restriction " précise Christophe Béchu, interrogé par France info.