Visite du chantier de la cathédrale de Poitiers

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sophie Goux

Le chantier de restauration des peintures murales de la cathédrale de Poitiers avance vite, le public pourra bientôt admirer, du sol, ces merveilles du 13ème siècle .

durée de la vidéo: 02 min 57
Travaux de restauration cathédrale de Poitiers ©Francetv
Reportage de Sophie Goux, Antoine Morel et Josiane Étienne

On connaissait l'existence de ces peintures depuis le 19ème siècle, mais ce n'est qu'en 2012 que des sondages préliminaires ont été effectués afin de réparer une fuite d'eau. On a eu alors la confirmation qu'un véritable trésor se cachait sous une couche de badigeon. Et quel trésor ! Il s'agit de peintures murales réalisées sans doute entre 1260 et 1300. Des scènes de la Bible, des Saints des anges le couronnement de la Vierge,  des décors floraux, des animaux...le tout réalisé comme le voulaient les codes de l'époque avec des couleurs très vives, des rouges, des bleus, des verts obtenus grâce à des pigments souvent précieux.

Un badigeon appliqué au 18ème siècle


La première phase des travaux a consisté à construire un immense échafaudage dans cette partie de la cathédrale pour accéder aux peintures à plus de 20 mètres du sol. Ensuite les spécialistes ont méticuleusement retiré le badigeon appliqué au 18ème siècle en 1783. À cette époque, les règles dans les églises n'étaient plus aux décors exubérants et colorés mais à une sobriété néo-classique et une clarté qui ont donc conduit à recouvrir tous les murs de blanc. L'opération de dégagement du badigeon était  très délicate, les restaurateurs ont travaillé au scalpel en progressant centimètre carré par centimètre carré.  Au bout de cette première partie, les peintures ont été entièrement dégagées et on a pu les voir enfin, comme personne ne les avait vues depuis 1783.

Une restauration  réversible

Deux entreprises de restauration spécialisées dans les oeuvres du Moyen-Âge ont été sélectionnées pour mener à bien ce travail. Les principes de restauration correspondent aujourd'hui à des règles très strictes. Rien ne doit être définitif, chaque intervention doit pouvoir être effacée dans 10, 20 ou 50 ans. C'est pourquoi lorsqu'il a fallu reprendre les peintures, c'est de l'aquarelle qui a été utilisée, les restaurateurs de l'avenir pourront donc l'enlever s'ils le jugent nécessaire. Autre principe absolu : ne rien repeindre. Quand l'oeuvre est trop endommagée on n'invente pas, on laisse en l'état et on applique une couleur neutre et réversible.