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La photographe Marie-Laure de Decker se bat pour récupérer son oeuvre

La grande photographe-reporter, qui vit à Rabastens dans le Tarn, est en conflit avec l'agence Gamma pour laquelle elle a travaillé de nombreuses années. Gamma, qui a fait faillite, a perdu tous les clichés couleurs de la photographe. Un imbroglio judiciaire dans lequel la photographe est perdante.
La célèbre photographe-reporter est lauréate du prix Planète-Albert-Kahn.
La célèbre photographe-reporter est lauréate du prix Planète-Albert-Kahn. © AFP/Eric Cabanis
Elle est connue pour son cliché de Valéry Giscard d'Estaing regardant sa propre image à la télévision. Ou bien encore pour avoir rencontré, avec Raymond Depardon, la "prisonnière du désert", Françoise Claustre, alors captive des rebelles tchadiens...
Marie-Laure de Decker est une grande photographe-reporter, qui a couvert de nombreux conflits, dont la guerre du Vietnam de 1970 à 1972, et a été lauréate en 2013 du prestigieux prix Planète-Albert-Kahn. Pendant quarante ans, elle a couvert l'actualité pour l'agence Gamma : Chili, Afrique du Sud, Tchad...
Elle n'a travaillé qu'en argentique et n'est jamais passée au numérique, même quand sa carrière l'a menée vers la photo de mode. 
Les ennuis commencent à la fin des années 90. Gamma va mal et s'enfonce dans la crise qui mènera à la faillite et à la liquidation judiciaire, en 2009. 
Marie-Laure de Decker tente à ce moment-là de récupérer ses photos couleurs. On lui répond qu'elles sont perdues. Le liquidateur doit payer un million d'euros de dédommagement à la photographe mais faute de fonds, la somme ne sera jamais versée. 
Entre-temps, un ex-collaborateur de Gamma reprend certains actifs de l'agence et fonde une nouvelle entité. En 2011, il informe la photographe qu'il possède 770 scans de ses images mais qu'il souhaite les exploiter. Marie-Laure de Decker refuse et exige qu'on lui rende son bien. 
Sans succès. La photographe attaque au tribunal mais perd, la justice estimant que les clichés appartiennent désormais à la nouvelle agence. 
Grosse colère de la reporter qui, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Dalida dont elle avait fait de beaux portraits, récupère en basse définition ses photos sur le site internet de l'agence avant de les poster sur sa page Facebook. Attaquée, Marie-Laure de Decker doit payer 5 000 euros à l'agence pour cela, en attendant que la justice tranche sur le fond, à savoir à qui appartiennent vraiment ces photos. 
Situation ubuesque. Marie-Laure de Decker n'a pas récupéré son oeuvre, l'agence ne peut l'exploiter. 
En attendant, la photographe se dit dans l'incapacité de payer la somme fixée par la justice et envisage de faire appel à des amis photographes pour organiser une vente aux enchères. 
Marie-Laure de Decker, depuis 1995, vit à Rabastens dans le Tarn, près de la rivière qui la fascine tant depuis son enfance


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