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Le ras-le-bol des biologistes. Les labos fermés ce mercredi

La majeure partie des 3.700 laboratoires d'analyses médicales privés sont fermés aujourd'hui à mercredi à l'appel des syndicats professionnels de biologistes. Ils protestent contre la décision de l'assurance maladie de baisser leurs tarifs. C'est le cas notamment à Montpellier et Nîmes.
Pourquoi font-ils grève ?

"Plus de 80% des laboratoires seront fermés toute la journée mercredi", d'après François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes
et porte-parole de la Plateforme d'exercice professionnel (PEP) qui regroupe une trentaine d'organisations.
Dans la loi de Financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2013 le gouvernement a mis à contribution pour 96 millions d'euros les biologistes
médicaux pour faire réaliser des économies à la Sécurité sociale.

Les biologistes ont choisi pour leur journée d'action la date du 17 avril car elle correspond à l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs,
décidés en février par l'assurance maladie et publiés sous forme de décrets fin mars.

En grève depuis le mois d'octobre

Depuis octobre, dans le cadre de ce mouvement de protestation, de nombreux laboratoires ont déjà fermé un après-midi dans le mois.
Le secteur de la biologie médicale, comme celui de l'imagerie médicale, sont mis à contribution depuis plusieurs années dans le cadre de la maîtrise des dépenses d'assurance maladie. Dans le cas des biologistes, il s'agit de la 7e année d'affilée.
"Ils justifiaient leur décision par le fait que notre volume d'activité augmentait, mais en 2012, il s'est effondré", a plaidé M. Blanchecotte qui doit être reçu au ministère de la Santé le 24 avril avec une délégation de la PEP.

Le reportage réalisé le 4 février dernier à Montpellier

La Plateforme a fait publier mardi dans Le Monde daté de mercredi une pleine page de publicité sous forme de lettre ouverte à François Hollande. "Monsieur le Président, votre gouvernement ne peut pas exprimer sa volonté de privilégier la médecine de proximité tout en étranglant financièrement des laboratoires qui contribuent à 60% des diagnostics de cette médecine de premier recours", selon ce texte.

La PEP affirme que 8.000 emplois pourraient être menacés, sur un total de 45.000, si les laboratoires devaient connaître des difficultés financières.
Outre la baisse tarifaire, certains biologistes sont inquiets d'une loi en cours de vote au Parlement qui va confirmer l'accréditation des laboratoires d'ici au 1er novembre 2016.
Cette accréditation obligatoire, décidée dès 2010, va nécessiter une mise aux normes assez coûteuse, surtout pour les petits laboratoires (176.000 euros en moyenne par laboratoire).
Pour certains biologistes, cela va entraîner des regroupements et donc diminuer le nombre de laboratoires de proximité.
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