Madrid : la révélation Soler

Vicente Soler, dimanche 6 avril, Madrid / © Taurodelta
Vicente Soler, dimanche 6 avril, Madrid / © Taurodelta

Pour ses débuts à Madrid, le novillero Vicente Soler a frappé un grand coup. Il a coupé l’oreille de Rabanito, un novillo de grande classe. S’il avait réussi l’estocade, il en coupait deux et nous parlerions aujourd'hui du premier événement taurin significatif de la saison.

Par Joël Jacobi

Il y a au trois novillos de la ganadería Los Cospes de grande classe hier à Madrid. Face à eux, deux novilleros avec une technique accomplie, un courage certain, une application totale et…une personnalité strictement invisible.
Fort heureusement, le meilleur novillo de l’après midi, Rabanito, cornes fines et combativité jamais prise en défaut, a été combattu par Vicente Soler.
Vicente a 19 ans, il est né dans la province de Castellón, son père est matador de toro. Les aficionados du sud-ouest le connaissent, il a triomphé à Dax dans les novilladas sans chevaux. C’est un garçon ordinairement qualifié de « très courageux » et « peu artiste » : la pire fiche d’identité possible dans la bouche des aficionados.
Il ne torée des novilladas avec chevaux que depuis l’an dernier, il n’a pas d’apoderado.
Hier, à l’heure du paseo, il n’avait que quelques contrats pour la saison 2014. Il savait qu’il jouait gros, sa « présentation » à Madrid avait ce caractère radical qu’on prête aux temps épiques de la tauromachie : la gloire ou l’oubli.
Rabanito (le petit radis) était un grand novillo. David a tout donné en le toréant : il a su trouver le rythme de l’animal et faire fi du danger. En espagnol, une des manières de dire « j’en ai rien a foutre » est « me importa un rábano ».

Vicente Soler - Madrid dimanche 6 avril 2014


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