Les aveux à la barre d'André Bamberski “ Je reconnais avoir pris la décision de faire “transporter” le Dr Krombach en France”

© France 3 Midi-Pyrénées
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Devant le tribunal de Mulhouse, André Bamberski a reconnu qu'il avait "pris la décision de faire transporter" d'Allemagne vers la France son vieil ennemi Dieter Krombach, car "les autorités ne faisaient rien" pour obtenir son extradition.

Par SC+AFP

"J'ai pris la décision de faire transporter le Dr Krombach d'Allemagne en France. Pas personnellement, je m'en sentais incapable", a dit M. Krombach à la barre du tribunal correctionnel.
Le prévenu, qui risque cinq ans de prison pour son rôle dans l'enlèvement de celui qu'il tenait pour l'assassin de sa fille Kalinka en 1982, a expliqué qu'en septembre 2009, soit quelques semaines avant l'enlèvement, il avait appris que Dieter Krombach allait déménager, peut-être vers le Rwanda. Il a alors eu peur de perdre sa trace.

"Je me suis dit, s'il fuit en Afrique noire, là c'est fini".


Considérant que des témoins et des experts dans le dossier de la mort de Kalinka en 1982 disparaissaient peu à peu, "je me suis dit +il faut faire quelque chose!+" a expliqué le retraité.
"Les autorités ne faisant rien, j'ai paniqué, j'étais saturé, j'ai perdu la tête". Il a alors raconté comment il était entré en contact avec Anton Krasniqi, un Kosovar qui comparaît à ses côtés au tribunal, et qui a reconnu avoir été l'un des exécutants de l'enlèvement.
Selon M. Bamberski, M. Krasniqi lui aurait dit: "Je trouve inadmissible que le Dr Krombach, avec tout ce qu'il a fait, y compris en Allemagne pour d'autres affaires sexuelles, reste tranquille vivre chez lui et même vous nargue !".
Le père de Kalinka refuse d'être présenté comme le "commanditaire" de l'enlèvement, car il n'a selon lui pas versé d'argent.
Et quand la présidente lui fait observer qu'il "joue sur les mots, le prévenu rétorque qu'il n'a "donné aucun ordre", mais seulement "accepté la proposition"
qui lui était faite. "C'est déjà pas mal", a commenté M. Bamberski.


Reportage Bruno Frédiani et Jean-Pierre Duntze


Procès Bamberski

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