Le site de la future gare TGV de Montpellier est-il vraiment en zone inondable ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Z.S.

Zone inondable ou pas? Depuis plusieurs mois, les associations de protection de l’environnement et les Verts dénoncent l'emplacement de la future gare TGV de Montpellier prévu dans une zone à risques. Difficile d'obtenir une vraie définition du terme inondable auprès des organismes compétents.


Il nous a fallu près de deux jours pour avoir des éléments de réponse. Nous avons tenté de savoir si le site de la future gare TGV de Montpellier est en zone inondable, voire en zone rouge.

A en croire la préfecture de l’Hérault, la future gare TGV de la Mogère à Montpellier est "hors zone à forte sensibilité hydraulique", car les termes "inondable" ou "inondation" ne sont jamais inscrits dans le communiqué officiel.

Cette gare prendra la forme d'une gare-pont située 8 mètres au-dessus du terrain naturel et des voies selon l'Etat. Sa construction n’aurait donc pas d’incidences sur l’écoulement du ruisseau du Nègue-Cats.

Ce qui ne veut pas dire que le site n'est pas en zone inondable même si on évite le terme. La préfecture précise par ailleurs que le "schéma directeur hydraulique, validé par les services de l’Etat en avril 2014, respecte la réglementation au titre de la Loi sur l’Eau". Ce qui signifie que le projet est légal.

Toutefois, la préfecture rappelle qu'il ne s'agit que d'un projet.  "Le projet de gare fera l'objet d'une procédure au titre de la loi sur l'eau instruite par les services de l’Etat", conclut la préfecture du l'Hérault.

Qu'en disent les experts ?

Essayer de trouver un spécialiste des zones inondables s'avère être un vrai parcours du combattant. Surtout quand il s’agit de donner un avis sur le site de la future gare TGV de la Mogère.
Alors sera-t-elle construite en zone inondable ou pas ?

Le BRL (ex compagnie nationale d'aménagement de la région du Bas Rhône et du Languedoc), se consacre à l'adaptation au changement climatique, et par là même aux phénomènes d'inondations. Mais ses ingénieurs étant "en congés ou en déplacement à l’étranger", n'ont pas pu répondre à nos questions.

Egis eau, spécialisée dans le conseil et l'ingénierie des métiers de l'eau, de l'environnement et de l'énergie, a indiqué pour sa part n’avoir aucun ingénieur disponible pour répondre pendant cette période de vacances scolaires.

SupAgro, centre international d'études supérieures en sciences agronomiques, a indiqué devoir prendre le temps de s’intéresser au dossier avant d’éventuellement pouvoir répondre. Mais l'un des chercheurs du centre d'études nous a tout de même indiqué que le site était clairement en zone inondable, sans entrer dans les détails.

Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) se consacre aux eaux souterraines alors que dans le cas du site de la Mogère, ce sont plutôt les eaux de surface qui sont en cause. Les pluies diluviennes ou encore le débordement du Lez représentent les risques les plus importants d'inondation du site.


Si en lisant ces quelques lignes, fruit d'une recherche de près de 48 heures d'un jeune journaliste persévérant, un expert en zones inondables voulait bien nous éclairer, il recevra le meilleur accueil.

De nouveaux éléments nous sont parvenus ce mercredi matin.

La préfecture précise que "la gare TGV sera surélevée par une dalle au dessus des rails, elle ne sera pas inondable."
En revanche, une partie des parkings provisoires est en zone inondable, en zone rouge du PPRI. "Une zone rouge est non constructible." Mais selon l'Etat, "des travaux importants rendront les parkings non inondables avant 2018."

Enfin, "le PPRI (plan de prévention du risque inondation) de Montpellier sera révisé à partir de 2016."