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Décès sur L'Ariégeoise : “Nous avons pris la bonne décision, il ne fallait pas annuler la course” selon la direction

Patrice Vidal est l'organisateur de la compétition cyclosportive de l'Ariégeoise. / © France 3 Occitanie - Capture d'écran
Patrice Vidal est l'organisateur de la compétition cyclosportive de l'Ariégeoise. / © France 3 Occitanie - Capture d'écran

ENTRETIEN - Plus de 24 heures après le décès d'un participant de l'Ariégeoise, l'organisateur de la course cyclosportive, Patrice Vidal, assume sa décision de ne pas avoir annulé l'évènement. Si tel avait été le cas "le bilan aurait pu être un petit peu plus lourd" assure-t-il.

Par Sylvain Duchampt et Pierre-Jean Vergnes

France 3 Occitanie : Patrice Vidal, comment allez vous, plus de 24 heures après le décès d'un coureur de l'Ariégeoise ?

Patrice Vidal : C’est un moment difficile que l’on vit. Hier a été une journée dure à gérer. Personnellement, ce ne sont pas des moments agréables. Je suis très attristé dans le sens ou l’Ariégeoise est une fête magnifique. Qu’elle soit endeuillée attriste tout le staff et moi plus particulièrement.

France 3 Occitanie : Pourquoi avoir pris, la veille, la décision de supprimer certaines épreuves ?

Patrice Vidal : Nous avons eu une réunion avec la préfecture de l'Ariège. Nous suivions tous les jours la météo et nous regardions les prévisions. La vigilance de canicule devait se terminer vendredi à 16 heures mais elle a été reconduite au dimanche à 6 heures du matin. Quand nous avons appris que cette alerte avait été prolongée, la préfecture a organisé une cellule de crise. Cette réunion a duré de 18 heures jusqu’à 20 heures. C’est là que nous avons étudié tous les paramètres et que nous avons décidé d’annuler les deux grands formats de chaque peloton. C’est-à-dire l’Ariégeoise double XXL et la Mountagnole XXL afin justement de raccourcir les distances et réduire également les dénivelés.  
 

"Les participants auraient repris leur vélo sur les routes ariégeoises"

France 3 Occitanie : A quel moment vous êtes-vous dit qu’il y avait un problème ?

Patrice Vidal : Durant la réunion du vendredi soi,r nous avons envisagé d’annuler la course. Car aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui nous reprochent cela. Ce qui est ressortit de tous les échanges que nous avons eu, c’est qu’il y avait 5 000 personnes venus participer à l’Ariégeoise. Si nous avions annulé l'évènement, nous savions pertinemment qu’au moins 3 000 d’entre eux allaient prendre, malgré tout, leur vélo sur les routes ariégeoises et subir de la même façon ces fortes chaleurs. Dans cette hypothèse, les cyclistes n’auraient eu aucun encadrement. C’est pourquoi nous avons pris la décision de ne pas l'annuler. Cela permettait de canaliser et d’encadrer les participants notamment avec notre service médical.
 

France 3 Occitanie : Mais pourquoi avoir arrêté la course ? En raison des nombreux malaises ?

Patrice Vidal  : La course a été arrêtée tout simplement car mon médecin coordinateur et moi-même avons constaté de nombreux malaises qui étaient dus certainement à la chaleur. Nous avons eu aussi deux personnes en détresse respiratoire dont l’une est la personne qui est décédée. C'est à ce moment-là que nous avons décidé d’arrêter la course. Nous savions qu’en faisant ce choix, les cyclistes allaient continuer à pédaler avec une moindre intensité. Nous avons mis en place une cellule de crise qui permettait de faire des regroupements pour pouvoir récupérer les participants et de les ramener sur le site d’arrivée.  

France 3 Occitanie : Avez-vous eu des nouvelles de la deuxième personne en insuffisance respiratoire ?

Patrice Vidal : Oui. Elle va relativement bien. Les secours ont fait ce qu’il fallait. La personne n’est absolument pas en danger.
 

"Une deuxième accident grave"



France 3 Occitanie : Y-at-il encore des personnes hospitalisées ?

Patrice Vidal : Il y en reste mais j’attends le bilan circonstanciel de la Croix Rouge et de mon service de médecins pour connaitre exactement le nombre d’interventions qu’il y a eu durant la course et le nombre de personnes hospitalisées. Je veux les contacter pour prendre de leurs nouvelles.

France 3 Occitanie : On parle également d’une personne grièvement blessée.

Patrice Vidal : la personne a été évacuée sur un hôpital de Toulouse. Elle a été héliportée. Elle a subit un accident relativement grave. Sa vie n’est pas en danger mais je ne peux pas vous donner plus d’informations sur son état.

"Impossible de changer les arrêtés"

France 3 Occitanie : Comprenez-vous la polémique et les critiques qui ont suivi sur l'organisation et les services de l’Etat ?

Patrice Vidal : On nous reproche de ne pas avoir avancé les départs. C’était impossible à faire. Prévenir 5 000 cyclistes la veille, c’était possible mais nous savions que la moitié n’aurait pas vu le communiqué et allait arriver en retard sur le circuit. Nous n’aurions pas pu encadrer tous ces cyclistes convenablement. C’est la première raison. Mais surtout lorsque l’on organise une course cycliste, il y a des arrêtés préfectoraux et communaux. Le vendredi soir à 20 heures, c’était impossible de changer les arrêtés.
Ensuite, objectivement. Je pense que nous avons a pris la bonne décision. Il ne fallait pas annuler la course.  Annuler les deux grands parcours était le plus raisonnable. Nous en avons parlé durant très très longtemps. Annuler la course, c’était prendre le risque de laisser beaucoup de cyclistes partir dans les Pyrénées ariégeoises avec ces fortes chaleurs et sans aucun encadrement. Je pense que, peut-être, dans ce cas, le bilan aurait pu être un petit peu plus lourd.
 

"J'assume mes responsabilités"

France 3 Occitanie : Si la préfecture avait dit « stop, on n’y va pas », vous ne seriez pas au centre des critiques aujourd’hui.

Patrice Vidal : Quand on organise une manifestation, si à un moment donné, il se passe quelque chose, nous sommes l’objet de critiques. Moi, je les assume. Il faut aussi assumer son rôle. Etre président d’association ce n’est pas tout le temps récolter le meilleur. Si certaines personnes pensent que les décisions que nous avons prises ne sont pas les bonnes, je les entends et je respecte leur opinion. Aujourd’hui, nous sommes en démocratie et chacun a le droit de s’exprimer. Moi, je suis l’organisateur de la course, c’est de ma responsabilité. Je me dois d’assumer ces critiques et surtout ne pas rejeter la responsabilité sur les autres.

France 3 Occitanie : Que va-t-il se passer ?

Patrice Vidal : Maintenant, nous allons essayer d’analyser tout ce qui s’est passé, d'avoir un bilan circonstanciel, de savoir ce que va nous dire la préfecture. Nous allons avancer et réfléchir pour l’avenir.

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