Financez l'acquisition d'une grotte en Ariège et participez à la sauvegarde de chauves-souris protégées

En Ariège, une poignée de grottes abritent entre 10 et 20% des effectifs nationaux d’espèces de chauves-souris dont la grotte de l’Espiougue. Dans le but de préserver des espèces menacées, une association a lancé un financement participatif pour acquérir cette grotte.

Illustration : chauves-souris dans une grotte
Illustration : chauves-souris dans une grotte © A.Marchy/MaxPPP

Au sommet de la chaîne alimentaire, la chauve-souris a un rôle essentiel dans la régulation des populations d’insectes. Ce sont elles qui l’été nous débarrassent des moustiques, une seule chauve-souris peut en ingurgiter plus de 600 en moins d’une heure !

En France, il existe plus de 36 espèces de chauves-souris différentes. Ces mal-aimées, davantage encore depuis l’épidémie de coronavirus, cet insectivore ne représente pourtant aucun danger sanitaire, expliquent les scientifiques.

La région Occitanie et plus particulièrement l’Ariège, abrite d’importantes populations de chiroptères cavernicoles, des chauves-souris. "Une poignée de grottes hébergent entre 10 et 20% des effectifs nationaux d’espèces protégées et considérées menacées et la grotte de l’Espiougue en fait partie. C’est une très grande responsabilité et c’est en raison de ces enjeux de conservation que l’association Ana-Conservatoire d’espaces naturels Ariège a intégré ce site dans sa nouvelle stratégie foncière", explique Anne Tison, la directrice de l'association Ana-Conservation d’espaces naturels en Ariège.

L’association Ana-Conservation d’espaces naturels en Ariège est spécialisée dans l’étude des milieux naturels, de la faune et de la flore et aux relations qui lient l’homme et la nature.

Le projet de financement participatif

Lancé depuis une semaine le financement participatif pour l’acquisition de la grotte à chauve-souris protégées a déjà récolté 4560 euros. De quoi acquérir la grotte de l’Espiougue qui abrite une importante colonie de Rhinolophes euryales et Minoptères de Schreibers, deux espèces de chauves-souris considérées menacées en France et en Europe. La grotte est située à Esplas de Sérou sur deux parcelles d’un demi hectare.

Une solution pour fermer la grotte et contribuer à l’étude et la préservation de ces espèces. "Nos équipes vont assurer le suivi des populations tout en préservant le site. Comptage au fil des années et voir l’évolution des effectifs de ces espèces menacées", précise la directrice de l'association.

Chaque donateur sera informé des avancées de l’acquisition et préservation du site. Il sera aussi convié à des visites lors des prochains travaux d’aménagement, notamment après la mise ne place d’une grille à l’entrée de la grotte pour la protéger.

"L’acquisition du site sera suivie de la rédaction d’un plan de gestion de la grotte…des suivis de la faune seront mis en place, pour mieux connaître sa diversité, l’écologie des espèces présentes mais aussi une veille quant à l’état de conservation des espèces », détaille l’association."

Préserver la grotte de l’Espiougue et les espèces qui l’habitent

L’Ariège reste un milieu préservé mais le département n’échappe pas non plus au phénomène d’écroulement des populations d’insectes, plus de 60% des effectifs de certaines espèces ont en effet disparu. L’agriculture intensive y est pour beaucoup et les chauves-souris qui changent d’habitat selon les saisons et leurs cycles de reproduction voient leur garde-manger et habitat déstructurés.

C’est dans un souci de préserver ces espèces menacées que l’association a lancé ce financement participatif. Le moyen aussi de sensibiliser le grand public et lui faire découvrir ce petit animal.

Les chauves-souris de la grotte d'Espiougue en Ariège
Les chauves-souris de la grotte d'Espiougue en Ariège © Ana-Conservatoire d'espaces naturels en Ariège

"Un aménagement du site sera envisagé avec, d’une part, la réflexion autour d’un dispositif régulant la fréquentation humaine à l’intérieur de la grotte et, d'autre part, une amélioration de l’accueil du public en extérieur. Des chantiers de débroussaillage pourront permettre d’améliorer les routes de vols des chauves-souris et de faciliter l’accès du public à l’entrée de la cavité", spécifient la direction du projet.

A l’entrée de la Grotte de l'Espiougue, "des panneaux explicatifs de la biologie des espèces présentes, de leur sensibilité et de la réglementation qui les protège pourront permettre l’éducation des visiteurs de ce site remarquable. Il pourra aussi permettre l’accueil de jeunes enfants dans le cadre de nos projets pédagogiques auprès des écoles, collèges et lycées sur la thématique des chauves-souris et des milieux souterrains. "

"Ainsi, ce site pourra demeurer protégé des menaces anthropiques et permettra l’éducation des générations futures dans un cadre sauvage et préservé", rajoute Ane Tison.

La chauve-souris et le coronavirus

L’origine de la pandémie a suscité bon nombre de questions vis-à-vis de la chauve-souris française et européenne. Dans un article, la Société française pour l’étude et la protection des mammifères(SFEPM) répond à un certain nombre d’interrogations. A la question les chauves-souris européennes et françaises sont-elles porteures et vectrices de coronavirus responsable de la maladie Covid-19, les spécialistes répondent :

"En l’état actuel des connaissances, aucune chauve-souris dans le monde ne porte le virus responsable du COVID-19. La transmission directe d’une chauve-souris aux humains est hautement improbable et nécessite souvent, comme nous l’avons vu, le passage et l’adaptation des virus au sein d’une autre espèce (hôte intermédiaire). En Asie, comme en Europe, il existe des espèces de chauves-souris hébergeant des virus apparentés, mais qui, dans leur configuration actuelle, ne contaminent pas l’homme ; lequel cohabite d’ailleurs avec elles depuis des siècles au sein des granges, des greniers et autres clochers !"

L’association Ana-Conservatoire d’espaces naturels en Ariège

L’association existe depuis 32 ans et comprend une équipe de 22 salariés. Basée en Ariège elle se consacre à l’étude des milieux naturels, de la faune et de la flore et aux relations qui lient l’homme et la nature. L’association est animée par quatre objectifs : enrichir sa connaissance dans le domaine des sciences naturalisées, transmettre et valoriser ses connaissances au grand public, préserver les milieux naturels et les espèces et enfin accompagner les acteurs du territoire.

L’Ana Conservatoire d’espaces naturels a en charge, par convention ou par acquisition foncière, comme c’est le cas pour cette grotte, la gestion de plusieurs sites naturels en Ariège.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
nature environnement animaux