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Montazels : la dernière chapellerie de la haute vallée de l'Aude veut renaître sous forme de coopérative

Chapeaux fabriqués par Chapeaux de France à Montazels (Aude) / © Frédéric Guibal, France 3 Occitanie
Chapeaux fabriqués par Chapeaux de France à Montazels (Aude) / © Frédéric Guibal, France 3 Occitanie

Dans la haute vallée de l'Aude, d'anciens salariés veulent relancer, sous forme de coopérative, la dernière manufacture de chapeaux, fermée depuis un an et demi. Dans les années 1950, Chapeaux de France a fait travailler jusqu'à 500 personnes à Montazels.
 

Par Valérie Luxey

Jusqu'en avril 2018, Chapeaux de France est restée la dernière usine de chapeaux de la haute vallée de l'Aude. Mais depuis, à Montazels (Aude), les 12 derniers ouvriers ont été licenciés. Pourtant, en ce mois d'août 2019, des personnes s'activent dans l'usine. Ce sont les membres d'une toute nouvelle société coopérative qui espère redémarrer bientôt la fabrication.


Des bénévoles et des coopérateurs


Depuis début 2019, Sonia Mielke, la présidente, aidée de son fils Thomas et d'autres bénévoles, s'attèlent à recenser le patrimoine de l'ancienne entreprise, à commencer par les machines et les moules à chapeaux :
 

On a une collection de moules constitutée sur les cent dernières années. On fait un audit, parce qu'on ne sait même pas ce va retrouver !


Un parimoine industriel vieux de plus de cent ans


60 personnes ont déjà adhéré à l'initiative, comme Jean-Luc Théraulaz, un ancien salarié. En 1982, il a 21 ans quand il commence à travailler à l'usine. Aujourd'hui, il se bat pour la faire renaître :
 

C'était dommage de voir ça fermer définitivement. Ça fait plaisir de penser qu'il y aura peut-être des jeunes qui vont revenir travailler ici.


Quatre premiers employés au travail dès septembre 2019


 A partir du mois de septembre 2019, Jean-Luc sera l'un des 4 premiers employés de la coopérative, tout comme Elodie Pourquié. Un an après la fermeture de la fabrique, cette ancienne ouvrière de Chapeaux de France a gardé en mémoire tous les gestes de la confection des couvre-chefs. Des techniques, des savoirs-faire et une qualité unique qu'elle voudrait transmettre.
 
Aude : la dernière chapellerie de la haute vallée renaît en coopérative
Dans la haute vallée de l'Aude, d'anciens salariés veulent relancer, sous forme de coopérative, la dernière manufacture de chapeaux, fermée depuis un an et demi. Dans les années 1950, Chapeaux de France a fait travailler jusqu'à 500 personnes à Montazels. Historiquement, la chapellerie a fait vivre pendant deux siècles toute la haute vallée de l'Aude. Avec Sonia Mielke, présidente de la Société coopérative d'intérêt collectif "Montcapel", Jean-Luc Théraulaz et Elodie Pourquié, anciens employés de Chapeaux de France, et Christophe Cuxac, maire (PS) de Montazels (Aude). - France 3 Occitanie - Alexandre Grellier, Frédéric Guibal


La mairie de Montazels partenaire et appui de la coopérative


Aujourd'hui, c'est la mairie de Montazels (Aude) qui est propriétaire des murs, des stocks et des machines. 260.000 € ont été réunis par la coopérative, mais il en faudrait le double pour que Chapeaux de France revive. Mais le maire (PS) est confiant. Pour Christophe Cuxac, la demande du marché est bien là :
 

Les compagnies aériennes, les militaires, les parcs d'attraction, les films en costumes, les troupes de théâtre : au final, il y a quand même un vivier important de personnes qui ont besoin d'un produit de qualité. Car on ne va pas fabriquer ici des chapeaux à 3 euros pour se couvrir l'été !


L'espoir de décrocher un gros contrat avec les armées


Car la spécialité des chapeliers de la haute vallée de l'Aude, historiquement, est de fabriquer des chapeaux en feutre de laine. Premier rendez-vous important pour la coopérative : la réponse à un appel d'offres des armées en octobre. Un client traditionnel de l'entreprise qu'il faut reconquérir. A la clé : un contrat de 500.000 euros.

Haute vallée de l'Aude : deux siècles au sommet de la chapellerie mondiale

Historiquement, la chapellerie a fait vivre pendant deux siècles toute la haute vallée de l'Aude.

Entre 1830 et 1878 : avec l'arrivée du chemin de fer, les petits chapeliers traditionnellement implantés dans des ateliers individuels disséminés dans les villages passent du mode artisanal à la fabrication industrielle et à la mécanisation de certaines étapes de la confection. Au XIXème siècle, le chapeau est en vogue et son port se généralise dans toute la société, chez les hommes comme chez les femmes.

1929 : plusieurs milliers d’ouvriers sont employés dans les 16 usines d’Esperaza. Elles fabriquent 24 millions de chapeaux, dont 9 millions destinés à l’exportation dans le monde entier.

Jusqu’en 1949 :  les chapeliers d'Esperaza occupent le 2ème rang mondial des fabricants de chapeaux en feutre de laine, derrière ceux de Monza en Italie.

Puis c’est le déclin, car à la fin du XXème siècle, la mode n’est plus au port de couvre-chefs. Une seule usine subsiste : « Chapeaux de France » à Montazels. Elle ferme en avril 2018. Reste un musée, créé en 1992 à Esperaza, qui conserve et raconte la mémoire de ce savoir-faire et de cette épopée économique.
 

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