Réfugiés ukrainiens : un hôtel transformé en centre d'accueil d'urgence dans l'Aude

Publié le
Écrit par Bérénice Del Tatto avec Ophélie Le Piver

Dans l’Aude, une propriétaire d’hôtel a privatisé son établissement pour accueillir et trouver des familles d’accueil à des réfugiés ukrainiens. Une trentaine d’entre eux ont déjà été pris en charge.

Natasha Svistilnitchenko est ukrainienne. Depuis 2008, elle vit à Trèbes, village à l'Est de Carcassonne. Face à l'urgence de la guerre dans son pays natal, elle se mobilise pour héberger les réfugiés.

Les réfugiés affluent

Le va-et-vient ne faiblit pas. Trente personnes ont déjà transité par l'hôtel de Natasha mais des dizaines d'autres sont attendues dans les jours à venir. Une mère et sa fille viennent d'arriver, il faut rapidement leur trouver une chambre.

Originaires de Donetsk, ces familles avaient fui à Kiev en 2014 mais la guerre les a rattrapés. Leurs aînés et leurs maris sont restés sur place. Une réfugiée se confie : "J'ai peur parce que je ne suis pas avec mon mari, il est resté au front. C'est difficile."

L'hôtel comme bulle de sécurité

Pour Natasha, son établissement est un point de passage, comme un sas de décompression après l'exil, le temps de reprendre confiance.

Après plusieurs jours d'exil, Victoria a fait étape à l'hôtel de Trèbes. Arrivée dans la nuit avec une amie et leurs filles, cette professeure d'économie a pu se reposer quelques heures en sécurité grâce à Natasha.

L'hôtelière raconte : "Tout le monde vient du stress et de la guerre. C'est terrible tout ce qui arrive en Ukraine. Comme ma langue maternelle est l'Ukrainien et le Russe, beaucoup parlent Russe et je leur donne confiance en la France, je dis aux réfugiés que c'est un pays accueillant et bien."

Les Audois ouvrent leurs portes

Après s'être reposé et avoir repris confiance, les Ukrainiens sont redirigés vers des familles d'accueil. Avec l'aide des Audois, Victoria et son amie ont pu trouver un toit solide.

Je suis heureuse car mes enfants sont en sécurité et c'est très agréable de rencontrer des Français si amicaux, ils sont tous super !

Victoria, réfugiée ukrainienne

Eliane Villa est l'une des volontaires qui héberge une famille chez elle, à Cavanac : "Depuis le début de la guerre, je trouvais que ce n'était pas normal que nous le soir on se couche sous notre couette bien au chaud et qu'il y ait des gens qui sont sous les bombes. C'est insupportable pour moi. Donc on a une grande maison, on travaille, on a une activité mais qu'ils soient protégés, qu'ils soient à l'abri, qu'ils soient accueillis chaleureusement, c'est important."

Grâce à la mobilisation des Audois, sept familles ukrainiennes ont déjà trouvé refuge dans ce village d'un millier d'habitants.

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