Narbonne : 15 chèvres et chevreaux attaqués et tués par deux chiens

Un troupeau de chèvres et de chevreaux a été attaqué à Narbonne en septembre, à 2 reprises. 15 des 34 bêtes ont été égorgées par deux chiens de type molossoïde. Une plainte a été déposée le 13 septembre par l'éleveur audois envers son voisin, propriétaire des 2 chiens qui ont attaqué ses animaux.

L'information fait froid dans le dos. Le quotidien L'Indépendant a rapporté, mardi 21 septembre, que deux attaques mortelles avaient eu lieu sur un même troupeau de 34 chèvres et chevreaux par des pitbulls durant le mois de septembre à Narbonne. Des faits que nous sommes en mesure de confirmer partiellement.

Fin août - début septembre, deux des trois chiens d'un homme ont attaqué un enclos dans des jardins privés où se trouvaient 34 chèvres et chevreaux appartenant à son voisin. Onze bêtes sont égorgées. "Il y avait du sang partout", nous a confié la police. Pour l'éleveur, ces chiens étaient des American Staffordshire terrier (des pitbulls). Il ne porte pas plainte. La police municipale est intervenue mais n'a pas pu confirmer les dires de l'éleveur lésé. Seule certitude, ce seraient des molosses. Le maire de Narbonne, Didier Mouly, a été avisé de cette première attaque selon son cabinet.

Le 11 septembre, soit deux semaines après la première attaque, quatre chèvres du même troupeau sont égorgées par ces mêmes chiens voisins, retrouvés dans l'enclos. Onze sont grièvement blessées, notamment aux pattes et à la gorge. Total : quinze chèvres et chevreaux tués.

Le maire de Narbonne n'a pas souhaité réagir

Une plainte a été déposée le 13 septembre par l'éleveur contre son voisin. La victime reproche à la police de ne pas avoir récupéré les deux chiens entre les deux attaques et à la mairie de n'avoir rien fait. "La procédure veut que le propriétaire de ces chiens dangereux soit mis en demeure par un arrêté", indique la police nationale de Narbonne. Problème, mercredi 22 septembre, l'arrêté municipal de mise en demeure était toujours en cours de rédaction et les chiens toujours pas récupérés pour une évaluation comportementale.
Selon le cabinet du maire de Narbonne, l'édile n'en a pas eu connaissance. Le directeur de la communication de la mairie nous a indiqué que Didier Mouly ne souhaitait pas réagir.

Dans la loi, le maire a des pouvoirs de police à propos des chiens dangereux. L'article L211-11du code rural et de la pêche maritime (CRPM) stipule que "si un animal est susceptible, compte tenu des modalités de sa garde, de présenter un danger pour les personnes ou les animaux domestiques, le maire ou, à défaut, le préfet peut prescrire à son propriétaire ou à son détenteur de prendre des mesures de nature à prévenir le danger. Il peut à ce titre, à la suite de l'évaluation comportementale d'un chien imposer à son propriétaire ou à son détenteur de suivre la formation et d'obtenir l'attestation d'aptitude".
"En cas de danger grave et immédiat pour les personnes ou les animaux domestiques, le maire ou à défaut le préfet peut ordonner par arrêté que l'animal soit placé dans un lieu de dépôt adapté à la garde de celui-ci et, le cas échéant, faire procéder à son euthanasie", peut-on également lire. L'arrêté de mise en demeure d'un propriétaire doit, normalement, être adressé au préfet du département, au directeur départemental des services vétérinaires, au responsable du lieu de dépôt, aux service de police ou de gendarmerie et au propriétaire.

Ces chiens, s'il s'avère que ce sont bien des pitbulls, n'auraient pas été enregistrés en mairie comme cela doit être le cas pour des espèces de première ou de deuxième catégorie comme les molossoïdes.
Selon le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, "depuis le 1er janvier 2010, tout détenteur d'un chien de catégorie 1 ou 2 doit posséder un permis de détention" délivré par la mairie.

Pour cela, trois conditions doivent être réunies :

"Un détenteur de chien(s) dangereux qui ne possède pas son permis de détention est puni de 3 mois d'emprisonnement et de 3.750 € d'amende ainsi que d'une interdiction temporaire ou définitive de détenir un animal", précise le ministère.

L'enquête a été confiée à la police nationale de Narbonne.

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