Accident de car de Fitou : le passager ukrainien pourrait être pénalement irresponsable

Le passager ukrainien qui a avoué avoir provoqué l'accident d'autocar mortel, dans l'Aude, souffre de bouffées délirantes de type paranoïaque selon un examen psychiatrique et pourrait être pénalement irresponsable, a indiqué le parquet lundi. Il doit être interné à Limoux.

Narbonne (Aude) - la façade du palais de justice - 2013
Narbonne (Aude) - la façade du palais de justice - 2013 © F3 LR I.Bris

Le passager ukrainien interné d'office à Limoux

Le médecin expert qui l'a examiné a considéré que "les troubles psychiques qu'il subissait avait fortement altéré, voire aboli son discernement" au sens de l'article du code pénal qui prévoit l'irresponsabilité pénale, a dit à la presse le procureur David Charmatz.


"Cela signifie qu'en l'état de ce premier examen psychiatrique, le passager serait... irresponsable de ses actes", a dit le procureur.







Il a donc été déclaré inapte au maintien en garde à vue et a été interné d'office dans une unité de soins psychiatriques à Limoux dans l'Aude.

"Le conducteur espagnol du car a lui-même été mis hors de cause et est considéré comme une victime", a dit le procureur.


L'homme, un Ukrainien, né en 1984, a d'abord demandé à l'un des 2 chauffeurs qui ne conduisaient pas, de s'arrêter avant Barcelone, arrêt normal de l'autocar. Le chauffeur lui a répondu que cela n'était pas prévu, puisqu'il venait d'y avoir un arrêt quelques kilomètres auparavant.
Le passager mécontent a donc attendu que les 2 chauffeurs de repos soient endormis pour réitérer sa demande au conducteur du car. Le ton a monté et l'homme a tiré sur le volant durant l'altercation, d'où la sortie de route du car et l'accident.

L'Ukrainien n'a pas d'antécédent en France. Des vérifications seront effectuées pour savoir s'il en a en Ukraine.

Le car transportait 44 personnes dont 3 chauffeurs. Parmi les passagers, il y avait des Français, des Russes, des Ukrainiens ainsi que des Espagnols. L'accident a fait 2 morts et 39 blessés dont 4 graves.
Ce lundi soir, 4 blessés graves étaient toujours hospitalisés et 14 blessés légers étaient en instance de quitter l'hôpital, notamment de Narbonne.

Une information judiciaire sera ouverte, mardi, pour homicide et blessures involontaires.

La suite des investigations

"Le premier rôle (du juge d'instruction) sera de diligenter une expertise psychiatriques en choisissant deux pyschiatres experts, de façon à établir, cette fois-ci de façon définitive et non pas de façon conditionnelle, si le mis en cause (...) était au moment des faits, ou non, responsable de ses actes", a dit le procureur.


Quant aux victimes, "c'est aujourd'hui très difficile pour elles de concevoir que (l'auteur des faits) pourrait être pénalement non coupable des faits qu'il a commis", a reconnu le procureur, "c'est pour autant la règle de notre code".

Le chauffeur passe de statut de suspect à celui de victime

Les enquêteurs avaient d'abord jugé peu crédible la première explication fournie par le conducteur, d'autant que des témoignages semblaient contredire sa version des faits, même si la plus grande partie du car dormait à ce moment-là.
En fait, c'est l'Ukrainien lui-même qui, presque spontanément, a confirmé les dires du chauffeur, a indiqué le commandant Fara N'Doye, chef de l'escadron départemental de sécurité routière de l'Aude.

Le chauffeur avait certes livré un descriptif de l'individu en cause et de sa tenue vestimentaire. Mais celui-ci avait été évacué avec les autres blessés sous une couverture de survie et les gendarmes n'avaient pu établir le lien.
Le conducteur espagnol du car a lui-même été mis hors de cause et "il est en réalité considéré aujourd'hui comme une victime à l'instar des passagers", a dit le procureur.

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