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Eau libre : Le cauchemar de Rio apaisé, Aurélie Muller ouvre un nouveau chapitre

Elle s'entraîne à Narbonne avec Philippe Lucas. Aurélie Muller a nagé et remporté son premier 10 km en eau libre depuis sa disqualification olympique il y a sept mois à Rio, lors de l'étape de Coupe du monde d'Abou Dhabi samedi.
Aurélie Muller a nagé et remporté son premier 10 km en eau libre depuis sa disqualification olympique il y a sept mois à Rio, lors de l'étape de Coupe du monde d'Abou Dhabi samedi.
Aurélie Muller a nagé et remporté son premier 10 km en eau libre depuis sa disqualification olympique il y a sept mois à Rio, lors de l'étape de Coupe du monde d'Abou Dhabi samedi. © MAXPPP
En août dans la baie de Copacabana, la nageuse entraînée par Philippe Lucas avait vécu une immense désillusion : elle avait été disqualifiée quelques minutes après avoir touché la plaque d'arrivée en deuxième position, sanctionnée pour avoir gêné l'Italienne Rachele Bruni dans les tout derniers mètres de la course.

Devant sa partenaire d'entrainement

Samedi, Muller (26 ans) a devancé au sprint sa partenaire d'entraînement, la championne olympique néerlandaise Sharon van Rouwendaal, et l'Italienne Arianna Bridi. "Je suis très étonnée (de gagner). En arrivant ici (à Abou Dhabi), je n'étais pas très sereine", a déclaré la Française, expliquant avoir été malade en février, ce qui lui a coûté deux semaines d'entraînement. "Ce n'était pas facile de revenir après Rio (...) C'était compliqué au niveau émotionnel", a-t-elle reconnu.

Ce n'était pas facile de revenir après Rio (...) C'était compliqué au niveau émotionnel

Après la désillusion de Rio, Muller se laisse d'abord le temps de souffler, puis met la pédale douce à l'entraînement - un seul par jour de mi-octobre à janvier - sous l'oeil bienveillant de Lucas, à Narbonne. "Il a été très compréhensif, très à l'écoute, souligne-t-elle. J'ai découvert une autre facette de sa personnalité."

Retrouver la motivation

L'envie de replonger jusqu'aux Jeux de Tokyo en 2020 bien présente, la championne du monde et d'Europe en titre du 10 km peine toutefois à retrouver de la motivation et a soif de nouveaux challenges. Le premier, relevé début février, est hors norme : le marathon de Santa Fe, 57 km dans les eaux du fleuve Coronda, dans le nord-est de l'Argentine.

Faire quelque chose d'un peu surhumain

Un projet qui a pris forme trois mois plus tôt lors d'un tête-à-tête avec Lecat. "J'avais besoin de me prouver à moi-même que j'étais capable de faire quelque chose d'un peu surhumain", explique Muller. Mission accomplie : elle termine troisième après plus de neuf heures d'effort, en prime dans des conditions - vent fort et vagues - des plus ardues. "J'ai vu une athlète qui a prouvé qu'elle avait très envie d'être performante, qui ne baisse jamais les bras", insiste Lecat. "C'était très, très dur, mais je me suis éclatée pendant neuf heures. C'est peut-être difficile à comprendre...", glisse l'intéressée.

"Une force supplémentaire"

Surtout, le défi à la fois physique et mental permet à Muller de panser, enfin, la blessure de Rio : "la page est tournée depuis Sante Fe. J'ai senti en même temps la fin de quelque chose et le début d'autre chose." Samedi, avec cette victoire acquise en 1h 52 min 35 sec 4, Muller, tenante du titre mondial du 10 km, a fait le premier pas vers la qualification pour les Mondiaux-2017 à Budapest en juillet.
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