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Quatre mois de prison avec sursis requis contre l'entraîneur narbonnais de natation Philippe Lucas

Le parquet de Melun a requis, lundi, 4 mois de prison avec sursis, à l'encontre de l'entraîneur emblématique de la natation française Philippe Lucas, poursuivi pour vol et recel d'abus de confiance au préjudice d'un club de natation. Philippe Lucas entraîne aujourd'hui le club audois de Narbonne.

"Avoir aidé indirectement aux succès que tout le monde connaît, ne permet pas de s'affranchir de toutes les règles", a averti l'avocate générale dans son réquisitoire au tribunal de Melun en Seine-et-Marne.

La décision a été mise en délibéré au 12 mai.

Philippe Lucas, 51 ans, qui nie les faits, est accusé d'avoir encaissé de façon indue deux chèques d'une valeur totale de 25.000 euros, émis à son départ en août 2006 par le Cercle des nageurs de Melun-Val de Seine (CNMVS), où la nageuse Laure Manaudou a signé ses premiers exploits sous son égide.
La trésorière du club, âgée de 92 ans et absente à l'audience, est poursuivie pour abus de confiance.
Le CNMVS avait déposé trois plaintes contre X en 2007, à la suite de la découverte par la nouvelle direction d'irrégularités présumées dans les comptes, de 2001 à 2006, période pendant laquelle M. Lucas était entraîneur et son père Jean président.

L'entraîneur, mis en examen en 2008, est également accusé de vol pour avoir emporté lors de son départ des équipements de musculation, qu'il assure avoir rendu depuis.

"J'ai servi ce club 22 ans de ma vie, j'ai fait parler de Melun dans le monde entier. Quand je pars, je pense à ce qu'ils me doivent et c'est normal", a assuré Philippe Lucas, lors d'un échange particulièrement tendu, avec la cour.


Selon M. Lucas, qui entraîne aujourd'hui dans un club de Narbonne dans l'Aude, le premier chèque de 5.000 euros était "une prime de résultats pour les Jeux olympiques de 2004" à Athènes, "validée par le bureau du club".
Il a également soutenu qu'il "avait droit" à l'autre chèque de 20.000 euros, en vertu d'une "convention passée avec le club" de Melun, au titre des nombreuses médailles qu'il a aidé à rapporter à la France.

Au cours de ce procès, plusieurs fois renvoyé et s'étant déroulé sans partie civile, la cour et le parquet ont pourtant souligné qu'aucun document justificatif n'avait été produit par la défense.
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