Salles-d'Aude : Louis 4 ans va être renvoyé au Japon auprès de son père, sa mère espère le revoir un jour

Cela fait des mois que Salles-d'Aude se mobilise pour que Louis, enfant né d'un père japonais et d'une mère française, puisse rester en France. Mais le dernier recours de sa mère a été rejeté par la Cour de cassation. Le garçon de 4 ans va partir pour le Japon le 26 décembre.

Marine Verhoeven ne veut pas que son fils de 4 ans parte vivre chez son père au Japon.
Marine Verhoeven ne veut pas que son fils de 4 ans parte vivre chez son père au Japon. © F3 Occitanie
Ce mercredi matin, lors d’une conférence de presse, Marine Verhoeven accompagnée par son comité de soutien a annoncé publiquement le renvoi de son fils Louis, âgé de 4 ans, pour le Japon.

Départ pour le Japon le 26 décembre


Le 26 décembre à 11 heures, le lendemain du jour de Noël, Louis partira pour le Japon vivre avec son père :

Aujourd’hui je me sens épuisée mais en même temps, je continuerai. Jusqu’au 26 je fais semblant que tout vas bien, on va faire le meilleur Noël possible. Aujourd’hui je pense à Louis, j’espère qu’il me reverra un jour.


Après presque deux ans de procédure, Marine et son comité de soutien ont voulu lancer un dernier appel au procureur de la République pour que son fils reste auprès d’elle en France, à Salles-d’Aude :

Mon dernier espoir serait que le procureur de la République décide de ne pas appliquer la décision car il peut le faire. Il peut décider que dans l’intérêt de l’enfant et au vu des risques par rapport à lui, du fait qu’il ne puisse jamais me revoir moi sa maman. Il peut décider de ne pas appliquer la décision et que Louis reste ici.
 

Pas de nouvelles avant ses 20 ans 

Après cinq procès, la décision a été prise en novembre dernier de remettre le petit Louis à son père. Car dans son pays, là où a été conçu Louis, le parent japonais est souverain, et l'autorité parentale exclusive, en cas de divorce, lui est toujours accordée. 

De plus, dans le cas de Louis, la justice fonde sa décision sur la convention de La Haye, suite à la demande du père qui parle d'enlèvement. De son côté, Marine évoque un départ dû à des humiliations et des gestes de violence, et un retour en France avec son enfant avec l'accord du père :

Aujourd’hui je ne comprends pas pourquoi ça se passe comme ça car la convention de la Haye, place l’intérêt de l’enfant en premier, le fait qu’il puisse voir et être en contact avec ses deux parents. En France mon mari peut venir me voir quand il veut. Même en étant divorcé il peut avoir un visa de parent français, en plus lui parle couramment français. Au Japon, moi je n’ai pas le droit d’y aller. Les magistrats le savent et je ne comprends pas pourquoi ils n’appliquent pas cet article-là.


Louis est actuellement en deuxième section de maternelle dans ce village de l'Aude. S’il part Marine ne pourrait pas le revoir avant ses 20 ans. Une association de soutien a été créée, aujourd’hui elle se mobilise espérant un miracle :

Nous on attend un miracle, c’est Noël, il va être renvoyé le 26 décembre. On attend que quelqu’un quelque part fasse quelque chose.

Continuer pour ne pas oublier


Après le départ de Louis, Marine et l’association ne vont rien lâcher :

"Je vais écrire tous les jours au Procureur, au ministère de la justice, à l’ambassade, ce que je veux c’est avoir un contact avec mon enfant. Parce que là, à l’heure d’aujourd’hui si il est malade et qui lui arrive quelque chose de grave et que son père ne me le dit pas, je ne le saurai jamais. J’irai à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, je ferai tout ce que je peux."

Si le combat continue après le départ de Louis, c'est aussi pour que l'enfant sache le combat qu'a mené sa maman pour qu'il reste à ses côtés :

"On fera tout ce qui est possible au niveau de l’internet, des médias sociaux pour qu’il sache que sa maman continue de se battre, que l’on ne l’oublie pas et qu’elle pense à lui," nous dit Magali Cordaillat-Simmons, la Présidente du comité de soutien.


150 000 enfants enlevés chaque année au Japon


Environ 150.000 enfants sont enlevés chaque année par un parent japonais à la suite d'une séparation, selon l'ONG Kizuna Child-Parent Reunion.

Une avocate française a annoncé, le lundi 12 août, avoir déposé une requête auprès de l'ONU afin de réclamer la fin de ces "violations des droits de l’enfant" et la nomination d’un expert indépendant pour faire un rapport de la situation. 

En visite en juin dernier au Japon, le président Emmanuel Macron s'était engagé à agir en faveur des nombreux pères séparés de leurs enfants dans des cas de figure similaires.

Le reportage de Ophélie Lepiver et Mathis Lasconne 

 
 
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