Aveyron : déception pour les producteurs de couteaux de Laguiole, privés d’indication géographique

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L'INPI (Institut national de la propriété industrielle) vient de rejeter la demande d’indication géographique réclamée par les fabricants aveyronnais pour protéger les fameux couteaux de Laguiole. Une grande déception pour eux, d'autant que des fabricants de Thiers, en Auvergne, ont eux aussi déposé une demande similaire.

C'est une énorme déception pour les producteurs aveyronnais du plus célèbre des couteaux français. Lancée en 2020, leur demande "d'indication géographique" faite auprès de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) sous le nom "couteau de Laguiole" a été rejetée ce lundi 11 avril 2022. L'objectif était de protéger un savoir-faire et un lieu de fabrication, car leurs couteaux ont été souvent contrefaits. Ce qui a donné lieu a de nombreuses procédures judiciaires par le passé. 

Sept fabricants sont à l’origine de cette demande d'indication géographique. Un regroupement qui représente 220 salariés pour un chiffre d'affaire de 15 millions d'euros.

L'aire de l’indication géographique "couteau de Laguiole " est limitée au Nord-Aveyron. 

Une démarche soutenue par la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. 

Problème, un autre groupement de fabricants de couteaux, le CLAA, couteau Laguiole Aubrac Auvergne, regroupant notamment des couteliers de la ville de Thiers, dans le Puy de Dôme, mais aussi du Cantal ou de l'Allier, a fait la même démarche auprès de l'INPI. Eux aussi demandant depuis janvier 2022, une "indication géographique" sous la dénomination de "couteau Laguiole". Cette seconde demande représente 38 entreprises, 400 emplois pour un chiffre d'affaires de 43 millions d'euros. Elle couvre surtout un très grand territoire couvrant l'Aubrac et une partie de l'Auvergne.

Interrogé par nos confrères de France Bleu Occitanie, Honoré Durand, le président du syndicat des fabricants aveyronnais du couteau de Laguiole, ne décolère pas"On est outré, parce qu'en fait, on va contre l'intérêt du consommateur et contre l'idée de la loi. J'ai du mal à comprendre. Notre syndicat représente 95% de la masse salariale et du chiffre d'affaires généré sur la zone que nous avions défini. On n'est pas dans la même géographie. On n'est pas dans les mêmes procédés de fabrication." 

Un couteau et deux demandes différentes. La réponse de l’INPI est attendue pour ce deuxième dossier au courant du mois de juin. 

Qui aura gain de cause ? Pour le syndicat des fabricants aveyronnais du couteau de Laguiole, le combat continue. Il faudra s'armer de patience....