PHOTOS. Emporté par la foudre, les clichés ahurissants de beauté d'un chasseur d'orage

Publié le
Écrit par Benoît Roux

Coups de tonnerre, éclairs, ce jeune informaticien du Gard traque les orages. Mais c'est à Millau (Aveyron) que Gwénaël Hagen a photographié le viaduc où se déverse une coulée de brumes. Inspiré par les ciels de traîne, ses clichés nous prennent et nous entraînent.

Ce pourrait être un paysage biblique : la Mer Rouge s'écartant pour laisser passer Moïse ! Dans le ciel aveyronnais tout aussi divin, les flots de nuée blanche s'interrompent devant l'édifice dominé par une trouée de lumière au soleil couchant. Le viaduc de Millau magnifié comme jamais sous l'œil averti d'un jeune photographe amateur. 

Le viaduc de Millau mystique

Régulièrement, il scrute la webcam du bel édifice millavois. Mais ce vendredi 28 janvier, la flemme gagne Gwénaël Hagen. Non, cette fois il ne va pas accourir pour immortaliser le viaduc même si le spectacle est ahurissant de beauté. Les 2h de route entre Quissac dans le Gard et Millau (Aveyron) attendront. 

Ce jeune photographe a plusieurs fois été tenté par un cliché du viaduc sous l'orage car c'est bien là sa passion. Il n'a toujours pas réussi à le faire. Mais cette fois, pourquoi ne pas saisir ce moment quasi mystique ?

L'après-midi, le spectacle est à l'identique, constant de beauté. Alors Gwénaël décide d'y aller avec un ami d'intempéries. Son matériel photo et son drone en main, il choisi de se poster au lieu-dit Cap de Costes-Brunasune aire de décollage en vol libre.

Depuis le sommet, il envoie le drone en quête du merveilleux. Des images plus saisissantes les unes que les autres, à peine retouchées dans les contrastes mais sans aucun photomontage. Vers 17h30, la magie opère. Gwénaël n'en croit pas ses yeux et nous non plus.

Une véritable mer blanche s'est emparée du ciel où naviguent majestueusement les vaisseaux des sommets du viaduc.

Les doigts dans la prise depuis l'enfance

Très tôt, Gwénaël a mis les doigts dans la prise de vue, obnubilé par les orages. Sa mère contemplait les ciels tumultueux fendus par les éclairs. Il s'est pris au jeu, pris par la peur aussi. "Une fois la foudre est tombée à une cinquantaine de mètres de moi. Cette peur a déclenché une véritable passion. Je suis fasciné par les éclairs."

Alors dès que le temps météo et le temps pro le lui permettent, cet auto-entrepreneur de l'informatique s'échappe, tantôt en solo, tantôt avec d'autres guetteurs.

Tout petit, je me souviens des inondations tragiques de 2002 dans le Gard. J'étais à la fois apeuré et fasciné.

Gwénaël Hagen, photographe emporté par la foudre

Tout est prétexte à faire des kilomètres pour capter l'instant éphémère, l'éclair qui déchire le ciel, les lumières sur les édifices et les paysages. 

A chaque fois, il scrute l'éclair mais il essaie d’avoir l'ambiance qui va avec. La photo dont il est le plus fier ? Un cliché réalisé proche de la centrale EDF de Martigues un soir d'orage. Des tentatives renouvelées qui l'ont laissé insatisfait et enfin l'instant T.

Les 4 cheminées de la centrale en tremblent encore. D'ailleurs, elles ne sont plus droites sur la photo.

Parfois, il n'attend pas que le ciel gronde mais il est happé par un paysage. Comme ce cliché du barrage de la Rouvière près du Vidourle dominé par le vert où l'on peut laisser voguer son imagination.

Un regard pointu qui ne lui permet pas encore d'illuminer complètement sa vie et de vivre de sa passion. Mais il suffirait d'une étincelle pour embraser l'existence. La photo d'orage n'est pas celle qui a la plus grande valeur marchande mais le cliché agité de la centrale de Martigues a trouvé refuge chez EDF. Celui du Viaduc de Millau permettra à une dame qui se l'est offert de s'évader de son bureau.

Les collègues du ciel

Gwénaël ne manque pas de projets, en attendant de s'envoler rien que pour la photo. Il est capable de faire 4 000 km en une semaine happé par les orages. Il compte plusieurs échappées belles en Italie.

Toujours plus proche de l'impact. Aux premières loges, à se brûler les doigts comme ici à Rimini en Italie, à quelques centaines de mètres...

En mai ce sera la "Tornado alley". Un rêve de gosse en Amérique centrale, au sein du temple des phénomènes météorologiques, où les paysages se confondent avec l'apocalypse.  

La photo d'orage continue de lui taper dans l'œil. Il se voit bien faire un petit tour d'Europe pour accrocher des aurores boréales ou les paysages dévastés de Tchernobyl. 

durée de la vidéo : 00h00mn10s
TimeLapse de la ville de Gênes sous les orages ©Gwénaël Hagen

Et pourquoi pas un jour s'abandonner à l'urbex, l'exploration urbaine des lieux délaissés par l'homme. Après la foudre, se laisser aller au don de l'abandon.

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