Justice morte : les avocats manifestent à Nîmes et à Montpellier contre la réforme judiciaire

300 avocats sont descendus dans la rue ce mercredi en ce jour de contestation / © FR3 Occitanie / Jean-Michel Escafre
300 avocats sont descendus dans la rue ce mercredi en ce jour de contestation / © FR3 Occitanie / Jean-Michel Escafre

300 avocats magistrats et personnels judiciaires ont manifesté au Peyrou à Montpellier et devant la préfecture de l'Hérault, ce mercredi. À Nîmes ils étaient environ 150 à défiler, du tribunal de grande instance à la préfecture. En cause : la fusion des tribunaux prévue par la réforme de la justice.

Par Emma Derome

Un appel national à la grève des affaires a été lancé ce mercredi 12 décembre par l'intersyndicale des professions judiciaires. Avocats, magistrats et personnels de justice contestent le projet de réforme judiciaire porté par Nicole Belloubet, discuté en ce moment à l'Assemblée Nationale, qui devrait mener, entre autres, à la fusion des tribunaux d'instance et de grande instance
 
"Nous aussi nous savons nous mettre en marche pour défendre les droits des justiciables" ont scandé les avocats rue Foch à Montpellier / © Jean-Michel Escafre / FR3 Occitanie
"Nous aussi nous savons nous mettre en marche pour défendre les droits des justiciables" ont scandé les avocats rue Foch à Montpellier / © Jean-Michel Escafre / FR3 Occitanie

Pour tenter de se faire entendre, 300 d'entre eux sont descendus dans les rues de Montpellier. Partis du Peyrou, ils se sont ensuite invités sur le parvis de la préfecture de l'Hérault, forçant les grilles. Le personnel de la préfecture n'a pas voulu les recevoir malgré leur demande d'entrevue. 
 
Les avocats ont investis la préfecture de l'Hérault ce mercredi / © Jean-Michel Escafre / FR3 Occitanie
Les avocats ont investis la préfecture de l'Hérault ce mercredi / © Jean-Michel Escafre / FR3 Occitanie

À Nîmes, ils étaient environ 150 dans les rues, à défiler entre le tribunal de grande instance et la préfecture du Gard. Ils ont demandé "une justice plus équitable".
 

La fusion des tribunaux, jugée "désastreuse" par les avocats, devrait en effet avoir pour conséquence d'"éloigner toujours un peu plus le justiciable de son juge"

"Lorsque dans votre ville il n’y a qu’un tribunal d’instance, et que vous habitez à une centaine de kilomètres d’un tribunal de grande instance, vous allez devoir faire une centaine de kilomètres pour venir au tribunal de grande instance où il y aura maintenant le tribunal d’instance pour faire porter votre voix." dénonce Alexandre Salvignol, avocat au barreau de Montpellier


"L’accès au juge, qui était la règle, devient une exception" estime Rémy Lévy, avocat Montpelliérain. Les justiciables qui font appel actuellement aux tribunaux d'instance pour des problèmes de voisinage, de divorce ou de crédit à la consommation devront avec cette réforme changer leurs habitudes, selon lui, pour le plus grand bonheur des sociétés privées.

On ne pourra saisir ces juridictions qu’en ligne, avec un système extrêmement compliqué qui sera très certainement sous-traité par des start-up privées, qui à partir de programme d’intelligence artificielle proposeront des solutions de médiation. On est dans une marchandisation de la justice.

Mais d'autres mesures de cette réforme déplaisent aux manifestants : 

"Nous protestons contre le vote du projet de loi actuel qui, malgré les avancées obtenues dans la concertation par le biais d’amendements, est revenu en arrière, notamment sur les spécialisations des tribunaux, sur le directeur de la Caf qui peut arbitrer des pensions alimentaires sur les injonctions de payer qui ne seraient jugées qu’à Paris" précise Jean-Michel Divisia, bâtonnier de l'ordre des avocats de Nîmes.

► Le reportage de JM Escafre, F. Detranchant et E. Kibireva
 

Sur le même sujet

Max Brail, maire de Lastours, regrette le manque de soutien de la part de l'Etat

Les + Lus