Certificat médical : obligatoire pour diminuer les risques lors de compétitions

Beaucoup de malaises à l'arrivée du semi-marathon d'Auray-Vannes liés à la chaleur / © N.Creach/MaxPPP
Beaucoup de malaises à l'arrivée du semi-marathon d'Auray-Vannes liés à la chaleur / © N.Creach/MaxPPP

Après les 2 morts subites survenues ce dimanche en Haute-Garonne et dans le Gers lors de courses à pied nous avons rencontré un médecin du sport et urgentiste. Il nous aide à comprendre à quoi sert le certificat médical attestant de l’absence de contre-indication à la pratique du sport.

Par XM avec Serge Djian

Un bien triste dimanche, un homme d'une soixantaine d'années est décédé pendant le trail d'Aubiet dans le Gers et un participant de 20 ans au marathon de Toulouse a fait un malaise cardiaque, il n'a pu être ranimé. 2 morts subites survenues lors de courses à pied de plus en plus populaires.
 


Cédric Bellard, médecin du sport à Toulouse et urgentiste répond à nos questions.

Que faut-il faire pour diminuer les risques de malaise cardiaque pendant les épreuves ?

La mort subite existe et existera toujours. On ne pourra pas tout prévenir. Un coureur de 20 ans, à priori en bonne santé, il n'y a pas de raison de faire plus d'examen chez ce type de patient. Donc s'il doit y avoir une malformation cardiaque ou un trouble du rythme cardiaque on ne pourra pas forcément le prévenir.

Quelle est l'utilité du certificat médical ?

Cela permet quand même de s'assurer de la bonne santé des gens, de leur aptitude à faire une activité sportive plus ou moins poussée et ça permet aussi d'avoir un suivi de ce genre de patient.

On dit que le sport est bon pour la santé mais c'est aussi risqué, c'est un paradoxe ?

C'est un risque pour une infime minoritée de personnes, pour autant c'est quand même très pourvoyeur de bonne santé donc il faut faire du sport malgré tout. C'est mieux si on peut être encadré médicalement pour certains mais il y aura toujours des drames.

Que faut-il faire pour un particulier s'il veut un examen plus précis ?

Pour le particulier, tout dépend de son bagage médical, s'il est jeune, s'il a des pathologies, si dans sa famille il y a eu des pathologies cardio-vasculaires. Mais pour quelqu'un qui veut aller plus loin, c'est au minimum un électrocardiogramme au repos et au maximum un test d'épreuve à l'effort. On teste le coeur et son activité électrique à l'effort, ce qui permet de dépister les drames dont les morts subites.

Expliquez-nous la polémique sur le certificat médical qui ne doit pas être remboursé puisque ce n'est pas un soin ?

Il y a une espèce de vide qui existe dans le milieu médical, théoriquement, ce n'est pas une activité de soin donc ce n'est pas remboursé par la sécurité sociale. Pour autant, on est un certain nombre de médecins à considérer que c'est de la santé publique puisque l'on soigne les gens, on les surveille et parfois on dépiste des pathologies. La plupart des médecins le font rembourser par la sécurité sociale puisqu'ils font une activité de santé publique.

En résumé, on réduit le risque mais on ne peut pas éviter des catastrophes comme ce week-end ?

On réduit la majorité des grands risques mais malgré tout ça, il y aura dans cette masse de gens sportifs de temps en temps des drames avec des personnes chez qui on ne peut rien prévenir et qui vont faire malheureusement comme ce week-end leur mort subite du sportif.



En images le reportage de Serge Djian et Manon Bazerque

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